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SELECTION CD 20 octobre 2019

La vraie Maria Callas



Parmi la pl√©thore de publications c√©l√©brant le trenti√®me anniversaire de la disparition de la diva, l'album EMI de deux CD √Čternelle Maria Callas vient √† point nomm√© rappeler ce qu'√©tait la vraie voix de la soprano √† sa meilleure p√©riode. Indispensable pour bien comprendre un art qui a beaucoup fluctu√© au cours des ans.


Le 15/10/2007
Gérard MANNONI
 

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     La vraie Maria Callas



    √Čternelle Maria Callas
    CD 1
    Gianni Schicchi : O mio babbino caro
    La Bohème : Mi chiamano Mimi
    La Bohème : Donde lieta usci
    La Wally : Ebben ? Ne andro lontana
    Adrienne Lecouvreur : Lo son l'umile ancella
    Adrienne Lecouvreur : Poveri fiori
    Andrea Chénier : La mamma morta
    Tosca : Vissi d'arte
    Madame Butterfly : Un bel di vedremo
    Turandot : Signore, ascolta
    Turandot : Tu, che di gel sei cinta
    Turandot : In questa reggia
    Rigoletto : Gualtier malde...
    La Traviata : Ah, Fors'e lui
    Le Trouvère : D'amor sull'ali rosee
    Les Vêpres siciliennes : Merce, dilette amiche
    La Somnambule : Compagne, teneri amici
    Lucia Di Lammermoor : Regnava nel silenzio...

    CD 2
    Norma : Casta Diva
    Le Barbier de Séville : Una voce poco fa
    Ernani : Surta e la notte
    Aida : Ritorna vincitor
    Orphée & Eurydice : J'ai perdu mon Eurydice
    Carmen : l'Amour est un oiseau rebelle
    Carmen : Près des remparts de Séville
    Carmen : Les tringles des sistres tintaient
    Roméo & Juliette : Ah ! Je veux vivre dans ce Rêve
    Werther : Werther ! Qui m'aurait dit...
    Samson & Dalila : Printemps qui commence
    Samson & Dalila : Mon coeur s'ouvre à ta voix
    Manon : Je ne suis que faiblesse...
    Louise : Depuis le jour
    Faust : Un bouquet !

    2 CD EMI 504250


    La plupart de ceux qui continuent aujourd'hui √† aduler la Callas ne l'ont jamais entendue en direct. Et parmi nos compatriotes ayant eu ce privil√®ge, encore moins l'ont entendue √† sa grande p√©riode, puisqu'elle n'est venue √† Paris qu'√† partir de 1958, ann√©e d√©j√† critique, o√Ļ le ¬ę scandale de Rome ¬Ľ √©tait le premier signe d'un d√©clin qui allait s'acc√©l√©rer dans les quatre ann√©es suivantes.

    Au cours des multiples émissions de radio ou de télévision qui ont participé aux célébrations du trentenaire de sa disparition, on a entendu trop de commentateurs tout présenter dans la foulée, comme si tout ce que la Callas avait laissé comme souvenirs était d'égal niveau. Ce serait faire insulte à l'incomparable démonstration de beau chant qu'elle donna de la fin des années 1940 à la fin des années 1950, que prétendre que, du moment que c'est la Callas, tout est génial.

    Et c'est là que ces deux CD prennent leur importance. Une grande partie des enregistrements qu'ils contiennent datent du début des années 1950, voire de 1958 pour un prudent A forse lui de la Traviata, sans la cabalette Folie Folie, et un air de Rosine superbe, comme il l'avait été, d'ailleurs, à Paris.

    A ce propos, on a trop peu soulign√© qu'√† l'√©poque, la Callas avait cr√©√© l'√©v√©nement en m√™lant la version soprano et la version mezzo de la partition de Rosine, vocalisant aussi all√®grement dans le grave que dans l'aigu, ce qui n'avait jamais √©t√© entendu auparavant. Dans la premi√®re moiti√© des ann√©es 1950, la voix √©tait encore intacte, avec des possibilit√©s d'agilit√© incroyables sur toute la tessiture, une puissance dramatique sans vibrato intempestif ni cris, une sant√© qui donnait tout son impact √† des interpr√©tations d'une intelligence musicale et th√©√Ętrale magistrales.

    L'air de Gilda de Rigoletto, celui des V√™pres siciliennes ¬Ė des merveilles ¬Ė, peuvent-ils sortir du m√™me gosier que ceux de la Wally, d'Andr√© Ch√©nier ou d'Adrienne Lecouvreur, tout aussi magnifiques, mais dans une autre dimension vocale ? Ces contrastes expliquent ce qui fit la gloire de la Callas √† cette √©poque et qui est le fondement de son immortalit√©.

    Rien √† voir, pour toute oreille honn√™te et un peu exerc√©e, avec les enregistrements des ann√©es 1960 qui compl√®tent ces deux CD. Certes, dans un registre de mezzo, on a choisi ce qu'il y avait de mieux, oubliant les terribles airs de Mozart ou de Weber enregistr√©s √† la m√™me √©poque, mais la technique d'enregistrement prend d√©j√† trop le relais des possibilit√©s d'une voix √©puis√©e qui n¬Ďa plus, m√™me dans cette tessiture, la spontan√©it√© ni la stabilit√©, ni la fra√ģcheur de timbre qui firent sa gloire. Reste la volont√© d'expression, la capacit√© d'√©motion, mais ce sont les ann√©es 1950 qu'il faut √©couter, surtout.

    On rend souvent un tr√®s mauvais service √† leur post√©rit√© en refusant de reconna√ģtre que les plus grands artistes peuvent ne plus √™tre ce qu'ils furent. On a connu le m√™me probl√®me avec Rudolf Noureev, qui ne fut pendant au moins les dix derni√®res ann√©es de sa carri√®re de danseur qu'un simulacre de lui-m√™me. Ceux qui le voyaient croyaient voir le grand Noureev. Il n'en √©tait rien.

    Rendons √† la Callas la justice de garder l'esprit clair et de discerner ce qui fut vraiment g√©nial chez elle, dans les r√©pertoires qui lui convenaient id√©alement ¬Ė et il y a de quoi se rassasier ¬Ė et ce qui ne fut que des choix hasardeux ou qu'une survie plus ou moins bien assum√©e.

     
    Gérard MANNONI


     

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