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SELECTION CD 04 aoŻt 2020

Mortifère testament



Toujours aussi passionnante et homog√®ne, la publication officielle des archives du Nouveau Bayreuth par Orfeo se poursuit avec la parution dans une qualit√© sonore in√©dite du tout dernier Parsifal de Hans Knappertsbusch, donn√© le 13 ao√Ľt 1964 dans le Temple wagn√©rien. Un t√©moignage majeur mais exigeant car d'une noirceur souvent suffocante.


Le 20/02/2008
Yannick MILLON
 

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     Mortif√®re testament



    Richard Wagner (1813-1883)
    Parsifal (1882)

    Thomas Stewart (Amfortas)
    Heinz Hagenau (Titurel)
    Hans Hotter (Gurnemanz)
    Jon Vickers (Parsifal)
    Gustav Neidlinger (Klingsor)
    Barbro Ericson (Kundry)
    Hermann Winkler (premier chevalier)
    Gerd Nienstedt (deuxième chevalier)
    Ruth Hesse (premier écuyer)
    Sylvia Lindenstrand (deuxième écuyer)
    Dieter Slembeck (troisième écuyer)
    Erwin Wohlfahrt (quatrième écuyer)
    Anja Silja (première Fille-Fleur)
    Dorothea Siebert (deuxième Fille-Fleur)
    Liselotte Rebmann (troisième Fille-Fleur)
    Rita Bartos (quatrième Fille-Fleur)
    Else-Margrete Gardelli (cinquième Fille-Fleur)
    Sylvia Lindenstrand (sixième Fille-Fleur)
    Ruth Hesse (une voix d'en haut)

    Choeur et Orchestre du Festival de Bayreuth
    direction : Hans Knappertsbusch
    préparation des choeurs : Wilhelm Pitz
    Enregistrement : Bayreuth, Festspielhaus, 13/08/1964

    4 CD Orfeo Bayreuther Festspiele Live C 690 074 L


    Knappertsbusch in saecula saeculorum. Le 13 ao√Ľt 1964 √† Bayreuth, la Radio bavaroise a le r√©flexe de diffuser le tout dernier Parsifal qu'y dirige Hans Knappertsbusch, ex√©cuteur testamentaire chaque ann√©e de la Grande Messe depuis la r√©ouverture des lieux en 1951 ¬Ė √† l'exception de l'√©t√© 1953 o√Ļ Krauss s'essayait √† un tout autre style, et de deux repr√©sentations de 1957 conduites par Andr√© Cluytens.

    T√©moignage fondamental, car repr√©sentant l'ultime de 55 soir√©es de l√©gende √† c√©l√©brer le dernier ouvrage wagn√©rien, mais aussi la derni√®re descente dans une fosse d'orchestre du vieux ma√ģtre, qui dispara√ģtra √† la fin de 1965 sans avoir pu d√©voiler √† nouveau le Graal. Disponible pendant quelques ann√©es au CD sous le label Golden Melodram, dans une qualit√© sonore plut√īt pr√©caire, cette bande en tous points historique nous revient sous des atours sonores transfigur√©s dans le cadre de l'√©dition officielle des archives de Bayreuth supervis√©e par le festival et son directeur Wolfgang Wagner.

    Négatif du climat magique et émerveillé de 1951, ce Parsifal 1964 distille une interrogation, une noirceur inhabituelles. Dans une finition orchestrale bien supérieure à la moyenne de l'époque, les cuivres semblent sourdre des ténèbres, les cordes errer sans rémission, les bois annoncer le Jugement dernier.

    Jon Vickers donne ici son seul Parsifal sur la Colline. Sans doute trop m√Ľr et instruit pour la virginit√© du r√īle-titre, il se lance dans un dialogue passionnant, de chant in√©gal mais travers√© de v√©ritables nuances expressives, avec le Gurnemanz audiblement fatigu√© mais aussi plus d√©faitiste que jamais de Hans Hotter, qui parvient malgr√© un souffle bien court et sinon avec naturel cette ann√©e-l√† √† r√©gler le cas du r√īle au disque.

    Sup√©rieure √† notre sens √† la contrefa√ßon M√∂dl d'Irene Dalis les trois √©t√©s pr√©c√©dents, la Kundry de Barbro Ericson vaut nettement mieux que le d√©dain qui lui est g√©n√©ralement r√©serv√©. Usant au mieux d'un grave prenant, √† la belle couleur, o√Ļ l'on sent √† chaque instant l'emprise du magicien Klingsor et un caract√®re v√©n√©neux, elle peine √† assurer au d√©but de sa sc√®ne de s√©duction une intonation satisfaisante, mais ne se tire pas plus mal qu'une autre des aigus assassins de la fin du II, o√Ļ elle d√©livre sa mal√©diction avec un vibrato d'une vitesse d√©moniaque.

    Thomas Stewart laisse l'un de ses meilleurs mais aussi de ses plus noirs et douloureux Amfortas, lui le baryton pourtant si clair que révélera quelques mois plus tard Boulez dans sa tentative de désacralisation de l'ouvrage. Le grain idéalement rocailleux de Gustav Neidlinger fait merveille dans l'optique générale, et Heinz Hagenau est l'un des meilleurs Titurel de l'époque. D'excellents écuyers et chevaliers, des Filles-fleurs de choix, dont le jardin semble toutefois bien désenchanté, achèvent de donner un caractère incontournable à cette version qui ne ressemble à aucune autre.

    Un grand Coup de coeur Altamusica pour son originalit√©, pour son atmosph√®re en un sens extr√©miste et pour le visage in√©dit d'une conclusion sans apaisement ni s√©r√©nit√©, o√Ļ toute r√©demption semble compromise, comme le laissait pr√©sager √† la fin du I le Durch Mitleid wissend jamais aussi angoiss√© de la Voix d'en haut de Ruth Hesse.

     
    Yannick MILLON


     

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