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SELECTION CD 22 novembre 2019

Les "indispensables" Bach de nos critiques

© Pierre Bretagnolle

Pour le prochain millénaire, les éditeurs disques promettent une exploration systématique et sans merci du catalogue BWV.


√Ä contre-courant de l'avalanche annonc√©e c√īt√© discographie, nous avons demand√© √† nos collaborateurs de pr√©senter leurs galettes de r√©f√©rence pour la musique du Cantor, toutes p√©riodes confondues, c'est-√†-dire en excluant ni les parutions les plus r√©centes, ni les plus anciennes. Le lecteur pourra constater que l'√©clectisme est de rigueur entre Olivier Bernager, St√©phane Ha√Įk, Antoine Livio et G√©rard Mannoni, Michel Parouty et Roger Tellart. √Ä noter que cette page sera r√©guli√®rement enrichie de nouvelles contributions.


Le 03/02/2000

  • La s√©lection de Michel Parouty
  • La s√©lection de Roger Tellart
  • La s√©lection d'Antoine Livio
  • La s√©lection de G√©rard Mannoni
  • La s√©lection d'Olivier Bernager
  • La s√©lection de St√©phane Ha√Įk
  • La s√©lection d'Alain Cochard
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      (ex: Harnoncourt, Opéra)


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     La s√©lection de Michel Parouty

    Les Concertos brandebourgeois
    Nikolaus Harnoncourt avec le Concentus Musicus Wien Teldec (1ere version enregistrée en 1963 ou 1964, actuellement indisponible au catalogue, seule la version très différente de 1980 est disponible)

    Ceux qui, aujourd'hui, l'entendent pour la première fois, imaginent mal quel fut l'impact de cet enregistrement sur toute une génération de mélomanes. Si mes souvenirs sont bons, il parut d'abord en deux volume proposés en avant-première à prix promotionnel (Pathé-Marconi, partenaire de Telefunken à l'époque, et qui importait la fabuleuse collection "Das alte Werke", avait expérimenté cette idée de "disque du mois", qui fut mise en pratique quelques temps). Ceux qui s'intéressaient de près à la musique ancienne et baroque, ou qui, étant étudiants, fréquentaient les instituts de musicologie, étaient parfaitement conscients qu'un nouveau courant interprétatif s'imposait, plus "authentique" (à défaut d'autre qualificatif, celui-ci était employé à tire-larigot), ou plus proche de ce que, en terroristes forcenés qu'ils étaient (que nous étions, tous!), de ce qu'ils pensaient être l'authenticité. Ne voilà-t-il pas que ce radicalisme interprétatif s'appliquait à une oeuvre archi-connue. Articulation, couleur, dynamique: nous étions transportés dans l'univers de jubilation dont nous avions rêvé. Trente ans après, le charme ne s'est pas émoussé, même si depuis, on a fait mieux.

     
     
    Les Concertos pour violon

    David Oistrakh et le Royal Philharmonic Orchestra
    direction Sir Eugene Goossens. Deutsche Grammophon.
    Enregistré en 1961 ou 1962. non disponible au catalogue


    L√†, il ne s'agit plus de musicologie, avec tout ce que cela peut comporter d'objectif, mais de subjectivit√© totale. Pourquoi, un jour, sans que l'on s'y attende, est-on √©mu aux larmes? Pourquoi √† cet instant, et pas √† un autre? Pourquoi, alors qu'on palpite, qu'on vibre avec Harnoncourt, v√©ritable r√©√©ducateur des oreilles, est-on capable de supporter encore dans un tel r√©pertoire le Royal Philharmonic, les tempos larges et g√©n√©reux impos√©s par Sir Eug√®ne Goossens, le clavecin de continuo passablement empes√© de Georg Fischer? Dieu que tout cela sonne terriblement teuton! Romantique? Pas vraiment. Mais emphatique et s√©rieux. Et puis entre le violon d'Oistrakh, et son chant se d√©ploie, souverain, d'une beaut√© digne d'Apollon. L'Adagio du Concerto BWV 1042 devient ainsi et √† jamais un moment de gr√Ęce. S'y rattachent, sauf d√©faillance du souvenir, quelques images d'un film d√©chirant, La Passag√®re, d'Andrej Munk. La vie est ainsi faite de fragments de m√©moire.

     
     
    Cantate "Ich habe genug" BWV 82. Kreuzstabkantate BWV 56
    Max van Egmond, baryton
    Barock-Ensemble
    Frans Br√ľggen, direction
    Seon/Sony. Enregistré en 1977.


    S'il me fallait poss√©der l'ensemble des cantates de Bacch, c'est sans conteste vers l'int√©grale historique sign√©e par Harnoncourt et Gustav Leonhardt que je me tournerais. Mais un disque, un seul ? Sans doute celui-ci. Pour la finesse et la vitalit√© de l'ensemble dirig√© par Franz Br√ľggen (dans lequel on retrouve des artistes comme Lucy van Dael au violon, Paul Dombrecht au hautbois, Bob van Asperen √† l'orgue, et l'on sait tout ce que le renouveau baroque leur doit), pour la direction elle-m√™me, allante, sans artifice ni exc√®s- mais cette d√©fense et illustration de la juste mesure n'a rien de scolaire. Pour le chant sans appr√™t de Max van Egmond, plus qu'une voix, une pr√©sence humble et √©mouvante, tout simplement humaine.

     
     
    Michel PAROUTY


     

  • La s√©lection de Michel Parouty
  • La s√©lection de Roger Tellart
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  • La s√©lection de G√©rard Mannoni
  • La s√©lection d'Olivier Bernager
  • La s√©lection de St√©phane Ha√Įk
  • La s√©lection d'Alain Cochard
     



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