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SELECTION CD 16 octobre 2019

SĂ©lection CD/DVD mars 2010



Même si en ce début d’année anniversaire, la production discographique est largement dominée par les multiples publications Chopin pour lesquelles nous tiendrons par ailleurs une rubrique régulière, les stars lyriques s’affichent aussi, tant au DVD qu’au CD. Tour d’horizon sélectif autour de Renée Fleming, Natalie Dessay, Juan Diego Flórez, Jonas Kaufmann, Bryn Terfel et Diana Damrau.


Le 08/03/2010
GĂ©rard MANNONI
 

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     SĂ©lection CD/DVD mars 2010

    La ThaĂŻs de Fleming



    Jules Massenet (1842-1912)
    ThaĂŻs
    Avec Renée Fleming, Thomas Hampson, Michael Schade, Alain Vernhes. Chœur et Orchestre et du Metropolitan Opera de New York, direction : Jesús López-Cobos. Production de John Cox.
    Enregistré en direct au Metropolitan Opera le 20 décembre 2008.
    Bonus avec Placido Domingo, Renée Fleming, Thomas Hampson
    1 DVD DECCA 074 3355




    Renée Fleming avait chanté Thaïs en version de concert au Théâtre du Châtelet. Voici maintenant la cantatrice en pleine action dans la production de John Cox pour le Lyric Opera de Chicago enregistrée en direct en décembre 2008 au Metropolitan Opera de New York.

    Figurative et très décorative, sans aucune prétention à une quelconque extrapolation comme c’est la règle quasi générale au Met, la mise en scène raconte l’histoire, s’appuyant sur la personnalité de chaque interprète pour donner vie à l’ensemble. Tout cela très typique du lieu et des goûts d’un public que l’on se doit de respecter davantage que chez nous puisque le mécénat est vital pour le fonctionnement du théâtre. Précisons également que Renée Fleming porte des costumes de Christian Lacroix jusqu’à sa conversion. Après, ce serait peu crédible…

    Belle au possible, très en voix, la Fleming est une Thaïs irréprochable de sincérité et de musicalité. Comme ses partenaires, elle chante un excellent français et joue avec autant de retenue et de sobriété que cela est possible dans ce rôle ardu à tous égards. Thomas Hampson est vocalement un solide Athanaël, mais il joue fort mal, forçant tous les effets, toutes les expressions. Difficile d’y croire une minute. Tout semble artificiel. À écouter les yeux fermés.

    Michael Schade campe un Nicias solide, sans grande personnalité mais vocalement irréprochable et Alain Vernhes un excellent Palémon. Tous les autres sont adéquats. Jesús López-Cobos dirige avec perspicacité les chœurs et l’orchestre du Met. En bref, un spectacle qui nous ramène à un théâtre de la voix, mais certes d’une incontestable surcharge décorative au goût discutable.



     
    Le grand numéro de Dessay et Flórez



    Vincenzo Bellini (1801-1835)
    La Sonnambula
    Avec Natalie Dessay, Juan Diego Flores, Michele Pertusi, Jennifer Black, Jane Bunnel, Jeremy Galyon. Orchestre et chœur du Metropolitan Opera de New York, direction musicale : Evelino Pidò. Mise en scène de Mary Zimmerman, décors de Daniel Ostling, costumes de Marc Blumenfeld.
    Enregistré en direct au Metropolitan Opera de New York le 21 mars 2009
    1 DVD DECCA 074 3357




    Autre production phare du Metropolitan Opera de New York également enregistrée en direct, cette Sonnambula est un écrin plus original que celui de Thaïs pour les chanteurs vedettes qui en sont l’atout majeur. La Somnambule est l’un des opéras les plus difficiles à représenter car son livret est d’une grande faiblesse. Histoire gentillette aux personnages sans aucun relief psychologique, ce pourrait être une opérette… sans la musique de Bellini et les quelques airs et scènes de pur bel canto dont il a gratifié ces héros de pacotille.

    Plus que jamais, tout repose donc sur les voix, langage premier et prioritaire de l’opéra. Il faut donc courage et imagination, même avec la certitude procurée par des artistes comme Natalie Dessay et Juan Diego Flórez, pour se lancer dans une mise en scène de cet ouvrage. Mary Zimmerman a tout simplement eu l’idée de situer l’action lors d’une répétition de l’œuvre. C’est astucieux, juste assez décalé pour rester compréhensible et permet de jouer sur le théâtre dans le théâtre hors du temps, les personnages étant tour à tour en costumes actuels et dans ceux de leur rôle.

    Cela permet en outre à la Dessay et à Flórez de faire un étourdissant numéro de comédiens, surtout pour la première, absolument décapante et irrésistible d’humour à tous les degrés, doublé de la plus ébouriffante haute voltige vocale qu’on puisse entendre aujourd’hui en la matière. Car on a beau croire tout connaître de ces deux beaux oiseaux-là, on reste pantelant devant leurs prouesses permanentes et leur musicalité sans faille.

    On s’amuse, on jouit du beau chant, on aime le noble comte Rodolfo de Michele Pertusi, malicieusement séducteur et l’agressivité jalouse de la Lisa de Jennifer Black, ainsi que la direction de Evelino Pidò. Rarement l’œuvre a paru aussi courte, rapide et allègre. Il faut voir l’entrée en scène de Natalie Dessay changeant de costumes en gardant le portable à l’oreille, ou encore sa danse folklorique à la scène finale. Flórez et elle s’amusent autant que nous… et que le public du Met qui leur fait bien sûr un triomphe.



     
    Retour au Lied



    Franz Schubert (1797-1828)
    Die schöne Müllerin
    Jonas Kaufmann, ténor
    Helmut Deutsch, piano
    1 CD DECCA 478 1528




    Après deux disques magnifiques consacrés à des airs d’opéra, après un brillant Pinkerton face à la Butterfly d’Angela Gheorghiu, après un fracassant DVD de Carmen dans la production de Covent Garden, Jonas Kaufmann nous revient avec la Belle meunière de Schubert qu’il aurait dû donner en concert au Théâtre des Champs-Élysées en mars et que nous n’entendrons qu’à la rentrée.

    Tout chanteur allemand a éclos dans la culture du Lied. Kaufmann est donc chez lui ici, tant avec la musique qu’avec le texte. On sait que sa technique vocale peut tout, ce qui est fort utile pour traduire ces mille changements de ton, d’humeur, de couleur, de rythmes qui animent ce cycle bouleversant même s’il est moins théâtral que le Voyage d’hiver.

    Kaufmann chante les mots, comme il le fait toujours, avec ces possibilités infinies de nuances et de coloration, cette capacité à rêver aussi bien qu’à caracoler dans l’enthousiasme de certaines mélodies. C’est parfaitement exact de bout en bout, dans une plastique vocale sans défauts mais toujours expressive.

    Helmut Deutsch est parfois un peu plus parallèle au chanteur plutôt que vraiment avec lui, mais l’ensemble restera sans nul doute une référence en la matière, même si, comme ce fut toujours le cas – beaucoup ne trouvèrent-il pas Fischer-Dieskau pleurnichard et Schwarzkopf maniérée en leur temps ? – nos spécialistes patentés ne s’en rendront compte qu’a posteriori.



     
    Terfel en mauvais garçon



    Bad Boys
    Boïto, Puccini, Donizetti, Verdi, Weber, Gershwin, Weill, Sullivan, Sondheim, Schönberg, Ponchielli, Rossini, Beethoven, Gounod, Mozart
    Bryn Terfel, baryton-basse
    Chœur et Orchestre de la Radio suédoise
    direction : Paul Daniel
    1 CD Deutsche Grammophon 4778091




    Un quasi sans faute une fois de plus pour Bryn Terfel s’amusant cette fois à jouer les Bad Boys du répertoire. Ces rôles de méchants ne manquent pas car ils sont en général dévolus au baryton-basse, alors que le ténor est toujours la sympathique victime.

    Avec son incroyable énergie musicale, cette capacité à s’investir absolument dans un rôle, une imagination qui lui permet les incarnations les plus diverses, ce chanteur d’exception nous promène ici de l’inquiétant Mefistofele de Boïto à l’ignoble Sweeny Todd de Sondheim, de Iago, Mackie, Javert et Pizarro à une scène finale de Don Giovanni où il est à la fois le Commandeur, Don Juan et Leporello, avec une sidérante manière de changer de timbre et de caractérisation dramatique.

    Une étourdissante démonstration d’art vocal, d’intelligence musicale et théâtrale par l’un des plus grands chanteurs de notre temps.



     
    La déception Damrau



    COLORaturaS
    Gounod, Verdi, Strauss, Rossini, Stravinsky, Puccini, Donizetti, Thomas, Bernstein
    Diana Damrau, soprano
    MĂĽnchner Rundfunkorchester
    direction : Dan Ettinger
    1 CD Virgin Classics 50999 519314 2 2




    Grâce à un physique de star, à un registre aigu brillant et très agile, Diana Damrau s’est en peu de temps fait une place dans le groupe envié des sopranos les plus demandées. Les qualités mentionnées sont incontestables, mais elles restent contrebalancées par des défauts qui apparaissent de manière flagrante sur ce disque. À savoir un médium terne, souvent grelottant, d’une couleur neutre sans rapport avec l’éclat des aigus – on croirait deux voix différentes –, une prononciation inexpressive, et surtout une manière exaspérante de passer sans cesse du pianissimo au fortissimo en semblant ignorer toute nuance intermédiaire.

    Cela semble plaire beaucoup sur les scènes internationales, mais ce n’est pas un cas d’espèce si l’on regarde qui chante souvent les rôles majeurs dans les festivals. Sans doute la magie de la scène et d’une physique de charme compense-t-il les approximations vocales révélées par ce disque, une entreprise bien présomptueuse pour marcher sur les traces des Callas, Dessay ou même Netrebko.



     
    GĂ©rard MANNONI


     

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