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SELECTION CD 27 février 2021

SĂ©lection DVD janvier 2011



Véritable moisson d'opéras pour commencer l'année, avec des nouvelles versions plus ou moins abouties de Carmen, Rigoletto, Ariane à Naxos, Tosca et la Rondine, ainsi que deux parutions BelAir Classiques consacrées à l'univers chorégraphique : NY Export : Opus Jazz de Jerome Robbins, et une plongée dans les années soviétiques avec Flammes de Paris par le Bolchoï.


Le 17/01/2011
GĂ©rard MANNONI
 

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     SĂ©lection DVD janvier 2011

    Couple parfait



    Georges Bizet (1838-1875)
    Carmen
    Avec Elina Garanca (Carmen), Roberto Alagna (Don José), Barbara Frittoli (Micaëla), Teddy Tahu Rhodes (Escamillo), Elizabeth Caballero (Frasquita), Sandra Piques-Eddy (Mercedès), Trevor Scheunemann (Morales), Keith Miller (Zuniga), Earle Patriarco (le Dancaïre), Keith Jameson (Le Remendado)
    mise en scène : Richard Eyre, décors et costumes : Rob Howell, éclairages : Peter Murnsfold
    Chœur Orchestre et du Metropolitan Opera de New York
    direction : Yannick NĂ©zet-Seguin
    Enregistrement en direct du 16 janvier 2010
    2 DVD Deutsche Grammophon 073 4581




    Avec le seul couple vedette capable de rivaliser avec celui formé à Covent Garden par Antonacci-Kaufmann, cette version de Carmen est certainement l’une des plus convaincantes disponibles en DVD. Rien n’est d’une originalité bouleversante dans la conception scénique de Richard Eyre, mais les personnages ne sont pas pour autant stéréotypés car incarnés avec un immense engagement personnel par les principaux protagonistes.

    Captés en direct à ce stade de leur carrière, Garanca comme Alagna ont des moyens parfaits pour rendre justice à Carmen et Don José. Garanca est belle, bonne actrice, sans vulgarité, voix de couleur adéquate, égale, expressive et Alagna déploie des trésors d’intelligence musical pour rendre humain ce héros dont il détaille chaque parole dans un français exemplaire et avec une présence vocale rayonnante, un timbre somptueux. Un immense ténor, décidément.

    Que demander de plus, d’autant que la direction de Nézet-Seguin est franche, dynamique, colorée et que les autres rôles sont tenus avec une efficacité au moins vocale honorable ? À éviter néanmoins pour tous ceux à qui un spectacle représentant les personnages, les lieux et l’action tels que les ont conçus librettiste et compositeur donne des boutons.

    À noter enfin que comme pour toutes ces retransmissions en direct du Met, nous avons droit à accueil et entractes avec interviews par la belle Renée Fleming sur scène et en coulisses.



     
    Jolie hirondelle



    Giacomo Puccini (1858-1924)
    La Rondine
    Avec Monica Yunus (Yvette), Alysson Cambridge (Bianca), Marius Brenciu (Prunier), Angela Gheorghiu (Magda), Lisette Oropesa (Lisette), Elisabeth DeShong (Suzy), Samuel Ramey (Rambaldo), Tony Stevenson (Gobin), David Won (Périchaud), David Crawford (Crébillon), Roberto Alagna (Ruggero), Marty Singleton (Adolf), Anne Nonemacher (Georgette), Belinda Oswald (Gabriele), Alexandra Newall (Lolette), Jason Hendrix (Rabonnier), Ashley Emetson (un chanteur), Roger Andrews (un maître d’hôtel)
    mise en scène : Nicolas Joel, décors : Ezio Frigerio, costumes : Franca Squarciapino, éclairages : Duane Schuler
    Chœur et Orchestre du Metropolitan Opera de New York
    direction : Marco Armiliato
    Retransmission en direct du 10 janvier 2009
    1 DVD EMI




    On retrouve avec joie tout le charme et le goût de cette mise en scène du trio Joel-Frigerio-Squarciapino qui avait fait les beaux soirs du Capitole de Toulouse puis du Châtelet, avec quelques absences alors remarquées dans la distribution côté vedettes. Roberto et Angela sont cependant tous deux présents ici comme dans la version CD EMI antérieure.

    La Rondine n’est pas l’opéra le plus populaire de Puccini. C’est une œuvre effectivement assez étrange, mi-joyeuse, mi-nostalgique et un peu dramatique quant à sa fin. Un goût doux amer, une musique charmeuse et beaucoup de monde sur scène. Peu de grands airs aussi, si ce n’est d’abord la célèbre valse que la Gheorghiu distille ici avec art. Du bien beau chant.

    Alagna n’a pas ici le rôle qui met le mieux en valeur les splendeurs de sa voix ni toutes les possibilités de son jeu scénique, mais il s’en sort avec son talent et son charisme de très grand chanteur et d’acteur accompli. À l’exception d’un Samuel Ramey ombre de sa gloire passée, les autres rôles sont tenus comme toujours au Met de façon professionnelle plus qu’excitante.

    Marco Armiliato fait en revanche un travail très raffiné avec l’orchestre, mettant en valeur les trésors symphoniques d’une partition pas facile du tout à maîtriser.



     
    Ariane entre deux eaux



    Richard Strauss (1864-1949)
    Ariane Ă  Naxos
    Avec Deborah Voigt (Ariane / la Prima Donna), Wolfgang Brendel (le Maître de musique), Wlademar Kmentt (le Majordome), Suzanne Mentzer (le Compositeur), Richard Margison (Bacchus / le Ténor), Natalie Dessay (Zerbinetta), Tony Stevenson (le Maître à danser), Nathan Gunn (Arlequin), John Nuzzo (Brighella), Eric Cutler (Scaramouche).
    mise en scène : Elijah Moshinsky, costumes et décors : Michael Yeargan, éclairages : Gil Wechsler
    Orchestre du Metropolitan Opera de New York
    direction : James Levine
    1 DVD Virgin Classics 5099964 186795




    Enregistré en 2003, ce spectacle reste typique de ce que le Metropolitan Opera de New York produit de plus traditionnel dans le genre figuratif. Une sorte de témoignage des temps où l’on cherchait encore à raconter l’histoire d’un opéra dans les lieux, le contexte et les costumes d’un style correspondant dans l’ensemble aux souhaits des auteurs.

    On peut détester et préférer des héros en jeans et mini-jupes. Quand c’est réussi comme dans la production Pelly de l’Opéra de Paris, pourquoi pas ? Sinon, pourquoi mettre Deborah Voigt en mini-jupe ? Reconnaissons néanmoins que dans le genre, on vu quand même plus imaginatif et de meilleur goût.

    Côté vocal, c’est aussi un peu entre deux eaux que se situe la distribution. Les voix sont adéquates, avec les imposants physiques de Voigt et Margison, sans faire oublier bien sûr ni Schwarzkopf, ni les autres grandes Ariane des années passées. C’est Natalie Dessay qui reste globalement la plus convaincante à tous égards. Suzanne Mentzer ne fait oublier elle non plus aucun des Compositeurs actuels ni plus anciens mais la direction de Levine, bien straussienne et théâtrale, apporte la touche haut de gamme indispensable pour justifier cette publication.



     
    Rigoletto sans risques



    Giuseppe Verdi (1813-1901)
    Rigoletto
    Avec Juan Diego FlĂłrez (le Duc de Mantoue), Zeljko Lucic (Rigoletto), Diana Damrau (Gilda), Markus Marquardt (le Comte de Monterone), Markus Butter (le Comte de Ceprano), Kyung-Hae Kang (La Comtesse de Ceprano), Matthias Henneberg (Marullo), Olivier Ringelhahn (Borsa), Georg Zeppenfeld (Sparafucile), Christa Mayer (Maddalena), Angela Liebold (Giovanna)
    mise en scène : Nikolaus Lehnoff, décors : Raimund Bauer, costumes : Bettina Walter, éclairages : Paul Pyant
    Chœur masculin du Sächsische Staatsoper Dresden
    Sächsische Staatskapelle Dresden
    direction : Fabio Luisi
    Enregistré en direct en juin 2008
    1 DVD Virgin Classics 5099964 186894




    Sans être révolutionnaire ni flirter avec le Regietheater de rigueur en Allemagne, cette production de Dresde a l’avantage d’une certaine modernité tout en restant dans des normes figuratives donnant une chance à ceux qui regarderaient l’œuvre pour la première fois de comprendre ce qui se passe. On a vu des spectacles de Lehnhoff plus avancés, plus originaux, mais celui-ci bénéficie d’un vrai travail sur les personnages, comme toujours avec lui.

    Autre avantage, la présence de Juan Diego Flórez et de Diana Damrau qui sont certainement à l’heure actuelle parmi les interprètes les plus adéquats du Duc et de Gilda. Toujours plus convaincante sur scène qu’en concert, Diana Damrau chante Gilda avec science et musicalité. Elle est scéniquement parfaitement crédible aussi. Tout comme Flórez, au phrasé de rêve et au physique on ne peut plus adapté.

    Reste le Rigoletto de Zeljko Lucic qui ne fait pas dans la finesse mais n’a rien d’indigne non plus. Belle direction de Fabio Luisi pour une version DVD qui fournit un excellent premier contact aux néophytes et deux magnifiques chanteurs aux habitués.



     
    Tosca pour les oreilles



    Giacomo Puccini (1858-1924)
    Tosca
    Avec David Pittsinger (Angelotti), Paul Plishka (le Sacristain), Marcelo Alvarez (Mario Cavaradossi), Karita Mattila (Floria Tosca), George Gagnidze (Scarpia), Joel Sorensen (Sopletto), James Courtney (Sciarrone), Jonathan Makepeace (un berger), Keith Miller (le geĂ´lier)
    mise en scène : Luc Bondy, décors : Richard Peduzzi, costumes : Milena Canonero, éclairages : Max Keller
    Chœurs et Orchestre et du Metropolitan Opera de New York
    direction : Joseph Colaneri
    Enregistrement live du 10 octobre 2009, présenté par Susan Graham
    1 DVD Virgin Classics 50999 641973 9 5




    Dommage que ce que l’on voit vienne gâcher ce que l’on entend dans cette retransmission en direct de la première de Tosca vue par Luc Bondy. À voir d’un œil amusé ou au contraire agacé. À chacun son choix, mais on doit quand même déplorer sinon l’aspect physique des principaux protagonistes – il ne serait ni charitable ni simplement bien séant de souligner que Karita Mattila en gros plan ressemble plutôt à la mère d’une Tosca qu’à sa fille, que Marcelo Alvarez devrait surveiller sa ligne – la surenchère d’expressions mélodramatiques qui gâche leur jeu scénique.

    Est-ce par ce qu’il faut projeter une image vers quelques quatre mille spectateurs dans l’immense salle du Met ? Est-ce au contraire parce qu’il faut être expressif face aux caméras de la télévision et impressionner les téléspectateurs et ceux qui regardent dans le métro ? Toujours est-il qu’on frise sans cesse le ridicule absolu et qu’on se croirait dans un film muet des années 1920.

    Diffusée à la télévision allemande l’été dernier avec la même Mattila et surtout Kaufmann, c’était quand même autre chose ! Après un Recondita armonia approximatif, Alvarez chante bien. Mattila un peu moins – elle a décidé depuis d’abandonner le rôle qui ne lui convient effectivement pas vraiment –, côté justesse surtout (aigu un peu bas dans Vissi d’arte et un peu haut dans O Scarpia avanti a Dio).

    Les autres sont très satisfaisants, malgré ce réalisme outrancier dans une mise en scène sans vraies idées. Ce serait un bon CD dans l’ensemble, mais le DVD n’apporte que du négatif, y compris les interventions d’entracte d’une Susan Graham très artificiellement enthousiaste sur tout et tout le monde. Gentillesse et cordialité à l’américaine, mais excessive. Renée Fleming est mieux dans le même rôle !



     
    La RĂ©volution en dansant



    Flammes de Paris
    musique : Boris Asafiev
    chorégraphie : Alexei Ratmansky d’après la version originale de Vasily Vaynonen
    scénogfrahie : Ilya Utkin & Evgeny Monakhov
    Costumes Yelena Markovskaya
    Ă©clairages : Damir Ismagilov
    Avec les Étoiles et le Corps de ballet du Théâtre Bolchoï de Moscou
    Orchestre du Théâtre Bolchoï
    direction : Pavel Sorokin
    Enregistré en direct en HD au Théâtre Bolchoï en mars 2010
    1 DVD BelAir Classiques BAC062




    Créé en 1932 au Kirov de Léningrad, Flammes de Paris est unique en son genre. En pleine période du soviétisme pur et dur, les auteurs s’emparèrent d’un thème révolutionnaire, histoire mêlant amour et Révolution de 1789, qui permettait de mettre en scène la lutte des classes et la victoire des bons sentiments de la populace opprimée et forcément victorieuse.

    Des scènes de mimodrame abondantes et des scènes de foule alternent avec des moments de bravoure dont un pas de deux très célèbre et très acrobatique que toutes les Étoiles du monde ont à leur répertoire pour leurs galas. Intéressant donc, à plus d’un titre, de voir l’intégralité de l’œuvre, même si elle reste très kitsch à bien des égards, y compris dans cette version vue par un œil bien plus contemporain.

    C’est très bien filmé, très bien dansé notamment par Natalia Osipova et Ivan Vasiliev, très coloré, divertissant et vraiment savoureux à bien des égards. Une publication qui change des classiques traditionnels et donne une image fidèle, même revisitée, de la danse soviétique des années 1930.



     
    Immortel Robbins



    NY Export : Opus jazz
    chorégraphie : Jerome Robbins
    musique : Robert Prince
    Avec les danseurs du New York City Ballet
    1DVD BelAir Classiques




    Sous-titré Un ballet en baskets, New York Export : Opus Jazz avait été réalisé en 1958 par Jerome Robbins pour la télévision et était ensuite parti en tournée dans le monde entier. Le grand chorégraphe y montrait les dérives d’une jeunesse proche de celle de West Side Story, mais de manière plus documentaire et directe que ne le permettait la forme de la comédie musicale, tout en employant des rythmes extrêmement variées, latinos, jazz, africains, américains.

    Il s’agit ici d’une reconstitution filmée cette fois dans les rues mêmes de New York avec des danseurs du New York City Ballet. C’est une expérience très particulière, originale, attachante, bien significative de l’art et de la pensée de Robbins. On nous précise aussi que c’est le premier film sur un ballet de Robbins depuis West Side Story.

    En bonus, des documentaires sur le film et sur le chorégraphe complètent cet ensemble du plus haut intérêt.



     
    GĂ©rard MANNONI


     

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