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SELECTION CD 18 aoűt 2019

Cinquante Sacre pour un centenaire



Il y a un siècle jour pour jour, le 29 mai 1913, naissait dans la douleur du scandale le Sacre du printemps de Stravinski, donné alors en création mondiale au Théâtre des Champs-Élysées. Pour célébrer ce centenaire, Altamusica vous propose un passage au crible des coffrets anniversaire et nouvelles parutions de ce chef-d’œuvre de la modernité.


Le 29/05/2013
Yannick MILLON
 

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     Le coffret anniversaire Sony

    Le coffret du centenaire Sony



    Igor Stravinski (1882-1971)
    Le Sacre du printemps
    100th Anniversary Collection
    10 Reference Recordings
    10 CD Sony Classical 88725461742




    Plutôt que de regrouper tout le fonds de l’ancienne écurie BMG en matière de Sacre du printemps, Sony propose pour le centenaire de l’œuvre un coffret de dix grandes interprétations, chacune sur une galette, sans les couplages d’origine, hormis pour la Symphonie en trois mouvements de Salonen et le Feu d’artifice d’Ozawa, seuls rescapés.

    Stokowski, le pionnier

    On redécouvrira alors la version pionnière depuis longtemps introuvable de Stokowski à Philadelphie, gravée en 1929, seul écho complet du Sacre selon le chef qui le popularisera dans la version ultra tronquée de Disney pour Fantasia. On s’amusera notamment de l’incapacité des orchestres d’alors à rendre justice aux embûches de la partition, patente notamment chez un timbalier souvent largué.

    Stravinski, humble serviteur

    Le compositeur lui-même obtient sa juste place, à la travers la version mono de 1940 avec le PSO de New York, puis la gravure stéréo beaucoup plus connue de 1960 avec Columbia, cette dernière leçon d’économie orchestrale, approche chambriste et chorégraphique d’une magnifique limpidité, sans crispation aucune. La première version, plus nerveuse, était aussi moins impeccable au niveau instrumental, mais les comparaisons laissent apparaître de nombreuses variations de conception dans le détail à vingt ans d’intervalle.

    Monteux et Ormandy, la sauvagerie racée

    Grand classique du disque que l’enregistrement de Monteux à Boston (1951), mélange inimitable de pépiements (en moindre nombre toutefois que ceux de l’ultime version avec la Société des Concerts chez Decca), de sauvagerie dansée et d’élégance française, avec les couleurs accrocheuses et solaires du Boston Symphony de la grande époque. Incontournable.

    Détenteur d’un petit record, la gravure de 1955 d’Ormandy à Philadelphie, riche de saturations et de couleurs balancées d’un geste franc, est la seule de cette confrontation, avec la deuxième version de Dorati dans le coffret concurrent, à passer sous la barre des trente minutes, sans que l’interprétation ne laisse, à l’inverse de son compatriote hongrois, une empreinte aussi durable.

    La griffe du jeune Ozawa

    Grande redécouverte, la première gravure d’Ozawa (1968) affiche un enthousiasme juvénile incomparable, un élan fauve, racé, avec les couleurs éclatantes d’un Chicago Symphony encore dans la mouvance 0% de matière grasse de l’ère Reiner, et fait rutiler des timbres magnifiques avec des coups de griffes jubilatoires – la Glorification de l’élue, parmi les plus bondissantes et percussives, d’une joie effrénée, avant une Danse sacrale des plus félines.

    Indémodable Boulez

    Autre classique du disque, la première version américaine de Boulez (1969), déjà avec l’Orchestre de Cleveland, n’a rien perdu de son impitoyable acuité, de son sens des masses et des volumes, de sa hiérarchisation admirable des strates d’une partition moderne comme au premier jour. Qui, par exemple, a mieux réussi le sfumato du roulement de grosse caisse de l’introduction de la deuxième partie ? Qui a mieux réglé dans l'assise la balance, l’équilibre de chaque tutti, par delà un sentiment écrasant de rouleau compresseur ? Des qualités analytiques qui deviendront limites dans la gravure des années 1990.

    Le joyeux foutoir de Lenny

    Des deux versions Bernstein – qui en enregistrera une troisième avec Israël présente dans le coffret Decca commenté plus bas – à son catalogue, Sony a choisi d’intégrer à son coffret anniversaire la seconde, avec le London Symphony (1972). On le regrettera devant une direction globale similaire défigurée par une prise de son agissant comme un effet de loupe sur les aspects les plus contestables du Sacre selon Lenny.

    ExubĂ©rance très amĂ©ricaine, bien plus attentive au geste global qu’au travail de dĂ©tail, nageant dans un joyeux foutoir oĂą les archets traĂ®nent par delĂ  l’énergie du geste, oĂą des cuivres volontiers baveux Ă©ructent aux limites du vulgaire. Plus tranchante et surtout Ă´ combien mieux enregistrĂ©e que cette mĂ©lasse opaque qui casse la tĂŞte, la version new yorkaise de 1958 – qui avait valu un « Wow ! Â» du compositeur –, nous paraissait nettement plus Ă  sa place dans une boĂ®te consacrĂ©e Ă  dix enregistrements Sony lĂ©gendaires.

    Le jeune Salonen, survitaminé

    Mais ce coffret permet aussi de relativiser certains éblouissements avec le recul. Car si elle nous avait plutôt enthousiasmé à sa sortie, la première gravure de Salonen, à la tête du Philharmonia (1989), paraît aujourd’hui survolée, parcourue au pas de charge, délivrant quelques fulgurances effaçant difficilement un certain manque de consistance renforcé par une prise de son un peu lointaine, même si dans le fond, on préfère cette énergie de la jeunesse, ces à coups survitaminés au nouvel enregistrement hyper intellectuel du chef finlandais.

    Le remake impérial de MTT

    En revanche, le remake de Tilson Thomas à San Francisco (1996), sans atteindre à l’évidence de coup d’essai avec Boston, offre une magnifique démonstration de ce que peut être un grand Sacre récent dans l’optique symphonique. Plénitude des timbres, puissance globale enviable, tutti denses et charnus, percussions dosées à la perfection, on baigne en plein bonheur dans cette deuxième gravure plus opulente, plus confortable et séduisante.

    L’ensemble mérite sans conteste un Coup de cœur, de surcroît face au prix très raisonnable de ce coffret agrémenté d’un livret avec des réflexions du compositeur sur son œuvre.



     
    Yannick MILLON


     

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