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SELECTION CD 08 mars 2021

SĂ©lection DVD novembre 2013



Deux captations d’opéras rares réalisées au Mariinski de Saint-Pétersbourg, une Passion selon saint Matthieu tournant le dos à la musicologie et le meilleur Couronnement de Poppée des trois venus garnir les bacs cette année se disputent l’actualité des sorties DVD, face à un David et Jonathas bien pâle venu d’Aix-en-Provence.


Le 15/11/2013
Olivier BRUNEL
 

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     La sĂ©lection DVD d'Olivier BRUNEL

    Un Prokofiev majeur



    Sergei Prokofiev (1891-1953)
    Le Joueur
    Sergei Aleksashkin (le Général)
    Tatiana PavlovskaĂŻa (Polina)
    Vladimir Galouzine (AlexeĂŻ)
    Larissa Diadkova (Babulenka)
    Chœur et Orchestre du Théâtre Mariinski
    direction : Valery Gergiev
    mise en scène : Temur Chkheidze
    captation : Laurent Gentot
    1 DVD Mariinski MAR0536




    Le Joueur, opéra de Prokofiev d’après la nouvelle de Dostoïevski, a fait l’an dernier l’objet d’une parution DVD sous la direction de Daniel Barenboïm, dans une mise en scène berlinoise très tarabiscotée de Dmitri Tcherniakov (Unitel). Pour Gergiev, c’est une pièce maîtresse de son répertoire au Théâtre Mariinski, dont il avait déjà réalisé en 1996 un enregistrement audio (Philips).

    Voici donc le film de son spectacle pétersbourgeois enregistré en 2010 et mis en scène avec beaucoup de clarté par Temur Chkheidze. Ici, tout repose sur les épaules de Vladimir Galouzine, formidable artiste vocalement comme dramatiquement. Tous les participants sont à la hauteur, Sergei Aleksashkin et Larissa Diadkova dans les rôles très caricaturaux du Général et de Babulenka, mais surtout Tatiana Pavlovskaïa, très émouvante Polina, pivot du drame.

    Chkheidze joue la carte de la clarté dans un décor minimaliste, quasiment une succession de huis-clos où l’action se déroule de façon quasi cinématographique. Gergiev dirige d’une façon très serrée et efficace cette équipe très soudée de chanteurs et son orchestre et chœur du Mariinski avec une efficacité redoutable. Présenté ainsi, le Joueur apparaît comme une pièce majeure du répertoire moderne russe.



     
    Par delĂ  les modes



    Johann Sebastian Bach (1685-1750)
    Passion selon saint Matthieu
    Werner Güra (Évangéliste)
    Stephen Morscheck (JĂ©sus)
    Lucy Crowe, soprano
    Christine Rice, alto
    Nicholas Phan, ténor
    Matthew brook, baryton-basse
    Bertrand Grunenwald, basse
    Schola Cantorum of Oxford
    Maîtrise de Paris
    préparation des chœurs : James Burton & Patrick Marco
    Orchestre de chambre de Paris
    direction : John Nelson
    2 DVD Soli Deo Gloria / EuroArts 3079658




    L’une des actualités les plus récentes sur DVD pour la Passion selon saint Matthieu de Bach était l’enregistrement de la vision qu’en ont donné à la Philharmonie de Berlin en 2010 Simon Rattle et Peter Sellars, dont la ritualisation est pour le moins non classique et à notre goût plutôt contestable.

    L’enregistrement de la soirée de clôture du Festival de Saint-Denis 2011 sous la direction de John Nelson ne pâlit pas devant la distribution berlinoise. Certes, l’Ensemble orchestral de Paris, rebaptisé Orchestre de chambre de Paris, n’est pas aussi somptueux que la phalange allemande, mais Nelson a choisi ses solistes, sauf pour l’extraordinaire gambiste Christophe Coin, loin de tout critère musicologique, et chaque aria est accompagnée à la perfection.

    Les solistes vocaux ont tous leurs défauts, mais l’essentiel qui est leur engagement artistique et émotionnel, est parfait. On distingue particulièrement Christine Rice ont l’Erbarme dich est anthologique, et à moindre degré le baryton Matthew Brook, tous deux habitués de John Nelson qui n’en est pas à son premier enregistrement d’oratorios de Bach. Le choix de Werner Güra pour chanter l’Évangéliste était-il le meilleur ? Les qualités de Liedersänger de ce ténor sont un atout, mais il manque la véhémence, la déclamation, et souvent l’aigu qui n’appartiennent qu’aux chanteurs d’opéra.

    On déplorera parfois une certaine mollesse dans les chœurs et aussi quelques défauts phonétiques (les consonnes…) mais là encore, l’essentiel est préservé. Une Passion très émouvante, à laquelle Nelson imprime une véritable mise en scène lyrique, qui prendra dignement place aux côtés de notre référence DVD qui est celle du Bach Collegium München dirigé par Enoch zu Guttenberg (Arthaus Musik).

    L’excellent documentaire The Journey qui l’accompagne, montrant Nelson en communion avec ses interprètes et recueillant sa bien légitime aversion pour les options purement musicologiques, donne un éclairage passionnant sur ce concert qui méritait d’être immortalisé et largement diffusé.



     
    Charpentier faute de mieux



    Marc-Antoine Charpentier (1643-1704)
    David et Jonathas
    Pascal Charbonneau (David)
    Ana Quintans (Jonathas)
    Neal Davies (SaĂĽl)
    Fréderic Caton (Achis)
    Kresimir Spicer (Joabel)
    Dominique Visse (La Pythonisse)
    Pierre Bessière (L’ombre de Samuel)
    Les Arts Florissants
    direction : William Christie
    mise en scène : Andreas Homoki
    captation : Stéphane Metge au Festival d’Aix-en-Provence (2012)
    1 DVD Bel Air Classiques BAC 093




    Acclamée à Aix-en-Provence en 2012 puis à Caen et à l’Opéra Comique de Paris, la mise en scène de David et Jonathas par Andreas Homoki ne passe pas forcément bien au DVD. L’espace scénique divisé en trois par des cloisons de bois amovibles avec passage de l’action de l’un à l’autre des compartiments faisait certainement un bon dispositif sur le plan frontal, mais on perd beaucoup à le voir filmé dans toutes ses dimensions.

    La transposition du drame biblique, illustrant les guerres entre Juifs et Philistins, au conflit contemporain entre Israéliens et Palestiniens, est forcément réducteur et étonne de la part d’un metteur en scène de cette trempe. Le procédé est désormais un tic répandu parmi les régisseurs les plus routiniers et, de Samson et Dalila à Iphigénie, on a pu voir récemment s’échouer des mises en scène du même acabit. Du moins nous a-t-il épargné treillis, mitraillettes et autres accessoires de camouflage !

    Musicalement, l’ensemble propose sans doute ce qu’il y a de meilleur aujourd’hui. Ceci surtout grâce à la grande connaissance de l’œuvre de William Christie qui la dirige depuis une trentaine d’années. Les phrasés sont superbes, les chœurs préparés avec un soin infini et l’émotion est à son comble dans les scènes les plus tragiques du dernier acte.

    Mais la distribution n’est en rien épatante, et même plutôt indigne d’un festival international d’opéra. Si Pascal Charbonneau est complètement investi dans le rôle de David, il n’a pas tous les moyens vocaux du rôle, surtout pas les aigus. Jonathas est joliment chanté par une soprano, Ana Quitans qui, même habillé en garçon, peine à convaincre dramatiquement.

    Le Saül de Neal Davies n’est idiomatiquement pas à son affaire, Fréderic Caton (Achis) et Kresimir Spicer (Joabel) sont beaucoup plus convaincants. Dans le rôle éphémère de La Pythonisse, Dominique Visse, à son habitude, tire son épingle du jeu en créant un véritable personnage, hélas vite affadi par l’idée, elle aussi funeste et devenue un tel cliché, de démultiplier scéniquement son image par des sosies.

    Certes, les versions en vidéo de l’œuvre n’abondent pas, mais on regrette qu’il n’existe pas de trace des précédents spectacles réalisés par Christie, notamment à la Chaise-Dieu en 1988 et à Ambronnay en 1994.



     
    Poppée sous le feu des parutions



    Claudio Monteverdi (1567-1643)
    Le Couronnement de Poppée
    Sonya Yoncheva (Poppée)
    Max Emanuel Cencic (NĂ©ron)
    Ann Hallenberg (Octavie)
    Tim Mead (Othon)
    Paul Whelan (Sénèque)
    Amel Brahim-Djelloul (Drusilla)
    Rachid Ben Abdeslam (La Nourrice)
    Emiliano Gonzalez Toro (Arnalta)
    Anna Wall (La Fortune / Venere / Pallade)
    Khatouna Gadelia (La Vertu / Valet)
    Camille Poul (l’Amour / Damigella)
    Aimery Lefèvre (Mercure/ Consul)
    Le Concert d’Astrée
    direction : Emmanuelle HaĂŻm
    mise en scène : Jean-François Sivadier
    scénographie : Alexandre de Dardel
    costumes : Virginie Gervaise
    éclairages : Philippe Berthomé
    2 DVD Virgin Classics 928991 9




    L’opéra suprême et ultime de Monteverdi a fait cette année l’objet de plusieurs publications sur DVD. Deux versions notamment qui ne détrônent en rien le légendaire film de Ponnelle et Harnoncourt à Zurich (DG). La première est celle captée au Teatro Real de Madrid en 2010 avec William Christie et Pier Luigi Pizzi, plutôt laide et compliquée, et dans l’ensemble chichement chantée (Virgin).

    La deuxième, nettement plus excitante, est la réalisation tout à fait libre de style présentée en 2010 à Oslo, dans la mise en scène de l’enfant terrible de la scène norvégienne Ole Anders Tandberg, d’une cruauté et d’une vérité incroyables, pas éloignées du style d’un Michael Haneke, mais malheureusement handicapée par une prise de son tonitruante (EuroArts).

    Enfin, peu de temps avant paraissait la version du Festival d’Aix en 2000 réunissant une distribution intéressante (Mireille Delunsch, Anne Sofie von Otter, Denis Sedov) dans une mise en scène esthétisante de Klaus Michael Grüber mais sous la direction très tiède de Marc Minkowski (Bel Air Classiques).

    C’est dire l’intérêt de voir paraître la version réalisée à l’Opéra de Lille en mars 2013 par Jean-François Sivadier et Emmanuelle Haïm. Auteur de quelques belles réalisations sur la même scène (Noces de Figaro, Carmen) et à Aix-en-Provence (La Traviata), Sivadier offre à nouveau une réalisation basée sur le théâtre dans le théâtre, montrant le travail en train de se faire au risque de paraître utiliser les mêmes ficelles et de virer, comme c’est hélas le cas trop souvent, aux tics de metteur en scène.

    Les anachronismes agacent vite, tout comme les références au cinéma de Fellini et les bruitages entre les scènes. La mise au point historique se référant à Tacite et Suétone lue par un personnage avant le duo final est un point très positif. C’est d’autant plus regrettable que des très bonnes idées parsèment cette réalisation sans vrais décors, que la direction d’acteur est souvent excellente mais au prix de quel débraillé vestimentaire, capillaire et scénique. On est passé pas loin d’une version qui aurait pu rivaliser avec les références déjà citées.

    Musicalement, on se situe à un niveau supérieur. La réalisation d’Emmanuelle Haïm à la tête d’un Concert d’Astrée étoffé, survolté et si riche en beauté sonores est d’une vitalité extravagante. La distribution fait plus honneur aux dames qu’aux hommes. Sonya Yoncheva domine avec une Poppée magnifique plastiquement et d’une opulence vocale, d’une sensualité et d’une acuité scénique qui impressionnent.

    Ann Hallenberg met la même intensité dramatique dans Ottavia, l’Impératrice déchue et Amel Brahim-Djelloul, tout à fait remarquable par la caractérisation vocale du personnage de Drusilla.

    Chez les hommes, si les deux nourrices, Emiliano Gonzales Toro et Rachid Ben Abdeslam, sont truculentes et plébéiennes à souhait, Tim Mead campe un Ottone convaincant mais pas toujours à la hauteur vocalement, et on ne peut que rester sur sa fin avec Paul Whelan, Seneca un peu palot et surtout monotone malgré une très bonne stature physique et un investissement dramatique passionnant.

    La déception principale vient de Max Emanuel Cencic, trop débraillé vocalement désormais pour couvrir l’étendue des difficultés vocales de Nerone, dont tous les aigus sont arrachés et le timbre pas toujours très convaincant. La caractérisation hystérique de son personnage à la chevelure peroxydée va peut être dans le sens de ce débraillé vocal mais n’en fait pas un Empereur attachant comme Jaroussky dans la version Christie ou électrisant comme Éric Tappy chez Harnoncourt.



     
    Grandes voix pour Attila



    Giuseppe Verdi (1813-1901)
    Attila
    Ildar Abdrazakov (Attila)
    Vladislav Sulimski (Ezio)
    Anna Markarova (Odabella)
    Sergei Skorokhodov (Foresto)
    Mikhail Makarov (Uldino)
    Timur Abdikeyev (Leone)
    Chœurs et Orchestre du Théâtre Mariinski
    direction : Valery Gergiev
    mise en scène : Arturo Gama
    décors : Franck Philipp Schlössmann
    costumes : Hanne Loosen
    1 DVD Mariinski MAR0534




    Désormais le DVD va falloir compter avec les productions du Théâtre Mariinski. Après le formidable Joueur de Prokofiev, voici un Verdi rare avec Attila également mené de main de maître par Valery Gergiev. Ce qui frappe dans cette captation, c’est la qualité des voix. De grandes, belles et saines voix autant chez les basses, les ténors que les dames, et des chœurs d’une fermeté et d’un style magnifiques.

    La mise en scène d’Arturo Gama, sobre, claire et parfaitement traditionnelle mais sans être riche ni opulente montre le mélodrame au tout premier degré et sous son meilleur jour, grâce à des décors et costumes très colorés et suggestifs. Tous les rôles sont magnifiquement tenus.

    L’Attila d’Ildar Abdrazakov impressionne, sans pour autant écraser le rôle de ses moyens vocaux pourtant considérables. De même pour l’Odabella d’Anna Markarova, un soprano de grand format vocal et physique, mais son jeu est un peu plombé par un physique trop statique. Les deux autres chanteurs de ce quatuor vocal de format sont aussi étonnants, autant le ténor Sergei Skorokhodov que le baryton Vladislav Sumlinski.

    Dans le rôle du vieillard, Timur Abdikeyev est un peu moins impressionnant. Léger reproche éditorial, les livrets de ce label Mariinski sont réalisés à l’économie, on n’apprend rien ni sur les interprètes, ni sur les œuvres.

     
    Olivier BRUNEL


     

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