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SELECTION CD 27 février 2021

Sélection CD-DVD décembre 2013



Une ribambelle de parutions précèdent notre tout prochain dossier de cadeaux de Noël. 5 CD et 2 DVD d’abord, avec Yannick-Nézet Séguin sur tous les fronts, et le choc historique des Soldats de Zimmermann à Salzbourg. Puis trois parutions Wagner au niveau très contrastés, avec un Coup de cœur pour le Parsifal de Castellucci à la Monnaie.


Le 06/12/2013
Yannick MILLON
 

  • SĂ©lection de nouveautĂ©s CD et DVD
  • Wagner cĂ©lĂ©brĂ© avec des bonheurs divers…
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      (ex: Harnoncourt, Opéra)


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     SĂ©lection de nouveautĂ©s CD et DVD

    Missa germanica



    Giuseppe Verdi (1813-1901)
    Messa da Requiem
    Anja Harteros, soprano
    Elīna Garanča, mezzo-soprano
    Jonas Kaufmann, ténor
    René Pape, basse
    Orchestra e Coro del Teatro alla Scala
    préparation des chœurs : Bruno Casoni
    direction : Daniel BarenboĂŻm
    Enregistrement live : Scala, Milan, 27-28 août 2012
    2 CD Decca Unitel Classica 478 5245




    Les forces de la Scala de Milan font un retour en majesté au disque via ce nouvel enregistrement du Requiem de Verdi, capté fin août 2012 en concert, dans lequel l’équipe scaligère fait preuve d’une magnificence sonore assez stupéfiante. Les chœurs, notamment, affichent une homogénéité, une rondeur dans la puissance et un travail sur les consonnes dans les pianissimi qui leur font honneur. Et à l’exception d’une clarinette un peu verte (Recordare), l’orchestre sonne avec une plénitude jubilatoire.

    Encore faut-il accepter l’approche très germanique de Daniel Barenboïm, jamais sèche ou verticale, creusant sa pâte sonore tout en largeur façon Crépuscule des Dieux, quoique sans les tunnels qu’on pouvait craindre, et avec une tenue globale à laquelle le maestro ne nous a pas toujours habitué.

    Les solistes restent le point faible de ce Requiem, Elīna Garanča assez exotique, Jonas Kaufmann trop lourd d’émission, achoppant sur une demi-teinte poussive et un trille dĂ©ficient dans l’Hostias, Anja Harteros toujours aussi dĂ©charnĂ©e de timbre, RenĂ© Pape trop allemand Ă  son tour et irrĂ©gulier. Un quatuor vocal tĂ©moin de la crise actuelle du chant verdien.

    Sur ce point, retournons à nos anciens De Sabata, Toscanini, Giulini… mais gardons une oreille sur l’approche toute de grandeur fervente, même un peu hors sujet, de Barenboïm.



     
    Solo per il maestro


    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Così fan tutte
    Miah Persson (Fiordiligi)
    Angela Brower (Dorabella)
    Rolando VillazĂłn (Ferrando)
    Adam Plachetka (Guglielmo)
    Mojca Erdmann (Despina)
    Alessandro Corbelli (Don Alfonso)
    Vocalensemble Rastatt
    préparation : Holger Speck
    Chamber Orchestra of Europe
    direction : Yannick NĂ©zet-SĂ©guin
    Enregistrement live : Festspielhaus, Baden-Baden, juillet 2012
    3 CD Deutsche Grammophon 479 0641




    Son Don Giovanni nous avait emballé, par une direction d’orchestre emportant tout sur son passage, jusqu’à faire oublier quelques faiblesses assez criantes dans sa distribution. Le miracle allait-il se reproduire dans les arcanes moins dramatiques, plus subtils du marivaudage de Così ?

    Pas vraiment, car si le Chamber Orchestra of Europe virevolte de nouveau sous la direction toujours aussi incisive de Yannick Nézet-Séguin, dosée à la perfection entre verticalité et horizontalité, ne faisant qu’une bouchée des ensembles, si délicats à réaliser, les failles vocales sont cette fois telles qu’on aura du mal à passer outre.

    Alessandro Corbelli porte encore beau en Don Alfonso, avec l’italianità mozartienne requise, tandis que Rolando Villazón s’essaie de sa manière très personnelle à la radiance transalpine, fût-elle à côté des clous, attaques approximatives et sanglot verdien hors de propos.

    La Fiordiligi de Miah Persson, plutôt musicale, bute sur un instrument de plus en plus blanc et grêle, mais au moins vocalise-t-elle dignement, Angela Brower est une Dorabella au vibrato fiévreux mais à l’émission un rien serrée, face à un Adam Plachetka tassé, souvent plébéien, finissant de ternir l’image de Gugliemo, déjà peu sympathique à la base.

    Depuis Lisa Otto, nulle Despina n’y était allée aussi franchement que Mojca Erdman dans l’outrance comique pour camper le médecin, et surtout le notaire, petit moment de laideur assumée valant son pesant d’or au cœur d’une prestation très insuffisante, en voix constamment pointue et vrillante. Dommage pour le mouvement d’ensemble pourtant irrésistible de cet enregistrement !



     
    Un Sacre magistral


    Igor Stravinski (1882-1791)
    Le Sacre du printemps
    Johann Sebastian Bach (1685-1750)
    Toccata et fugue en ré mineur BWV 565
    Petite Fugue en ré mineur BWV 578
    Passacaille et Fugue en ut mineur BWV 582
    Igor Stravinski (1882-1971)
    Pastorale
    Orchestrations de Leopold Stokowski
    The Philadelphia Orchestra
    direction : Yannick NĂ©zet-SĂ©guin
    Enregistrements : Kimmer Center, Philadelphia, mars 2013
    1 CD Deutsche Grammophon 479 1074




    Yannick Nézet-Séguin encore, cette fois aux commandes du Philadelphia Orchestra pour un Sacre du printemps qu’on aurait aimé pouvoir inclure à notre dossier du mois de mai consacré au centenaire du chef-d’œuvre de Stravinski. Connu pour la rondeur et le soyeux légendaire de ses cordes, l’ancien orchestre d’Ormandy et de Stokowski affiche ici des couleurs viriles et intenses, répondant dare-dare au geste très ferme du jeune maestro canadien.

    Attaques mordantes, pulsation bondissante, Nézet-Séguin fait feu de tout rythme et privilégie l’avancée, sans jamais survoler la partition – les coups de boutoir très creusés lançant la Glorification de l’élue, une Danse sacrale admirablement burinée – et en n’oubliant à aucun moment qu’il s’agit d’une partition dramatique, tournant le dos à toute construction abstraite, exaltant au contraire la férocité du propos au moyen d’un pupitre de percussions à la fête.

    Comment ne pas se réjouir non plus d’un couplage enfin hors des sentiers battus ? Conçus comme un hommage à Stokowski, les compléments reprennent quelques transcriptions de Bach, que Nézet-Séguin s’approprie sans essayer de singer la direction du vieux maestro excentrique, avec une belle poigne exaltant ces curiosités dont la plus célèbre, la Toccata et fugue en ré mineur, a accompagné sous cette forme les premiers émois musicaux de tant de futurs mélomanes grâce à la séquence d’ouverture du Fantasia de Walt Disney.



     
    Deux sans trois



    Piotr Ilitch TchaĂŻkovski (1840-1893)
    Symphonie n° 6 en si mineur op. 74 « PathĂ©tique Â»
    Rotterdam Philharmonic Orchestra
    direction : Yannick NĂ©zet-SĂ©guin
    Romances op. 6 n° 1, 2, 5 et 6
    Romances op. 73 n° 2, 4 et 6
    Lisa Batiashvili, violon
    Yannick NĂ©zet-SĂ©guin, piano
    Enregistrement : Rotterdam, Hilversum, 2012
    1 CD Deutsche Grammophon 479 0835




    Décidément, un Nézet-Séguin peut en cacher un autre, même si la réussite de cet album Tchaïkovski aux côtés de l’Orchestre philharmonique de Rotterdam reste beaucoup plus contestable. Rien d’indigne dans cette Symphonie Pathétique rondement menée, sans emphase ni pathos, comptant même de beaux moments – le deuxième mouvement, d’une fluidité enviable –, mais où manque partout un degré d’accomplissement, de finition qui justifierait un archivage discographique.

    L’énergie habituelle du jeune trentenaire vire ici à la fébrilité, et nombre de motifs sont affaiblis par une articulation maniérée, privant l’ensemble d’un vrai impact sonore. Surtout, de Mravinski à Gergiev, de Karajan à Bernstein, de Markevitch à Barenboïm, pour n’en citer que quelques-uns parmi des dizaines de références, cette gravure sans défaut majeur ne tient pas la comparaison.

    Et même si l’ensemble sonne très professionnel, l’Orchestre de Rotterdam ne se hisse pas à la hauteur des toutes meilleures phalanges de la discographie par des détails ne passant pas inaperçus – quelques violons disgracieux dans les grandes envolées, l’embardée peu portée sur la discrétion du tuba sur le sommet de phrase à 15’13 du premier mouvement.

    Le couplage avec une sélection d’arrangements pour violon et piano des Mélodies op. 6 et op. 73, le maestro accompagnant Lisa Batiashvili depuis le clavier, n’apporte rien de déterminant quant à l’acquisition de ce CD Deutsche Grammophon, qui nous fait espérer que Yannick Nézet-Séguin, omniprésent cette année au disque, ne cèdera pas aux sirènes de la surexploitation discographique qui a tant desservi par le passé certains chefs d’excellent calibre.



     
    Gergiev entre deux eaux



    Concert d’ouverture de Salzbourg 2012
    Igor Stravinski (1882-1971)
    Symphonie de Psaumes
    Konzertvereinigung Wiener Staatsopernchor
    préparation : Ernst Raffelsberger
    Modest Moussorgski (1839-1881)
    Chants et Danses de la Mort
    Orchestration et interludes d’Alexander Raskatov
    Sergei Semishkur, ténor
    Sergei Prokofiev (1891-1953)
    Symphonie n° 5 en sib majeur op. 100
    Wiener Philharmoniker
    direction : Valery Gergiev
    Enregistrement live : Grosses Festspielhaus, Salzburg, 29 juillet 2012
    1 Blu-ray (disponible aussi en DVD) EuroArts Unitel Classica 2072614




    On l’a souvent écrit, à se produire plus de trois cents fois par an, Valery Gergiev offre forcément des prestations de plus en plus irrégulières, regrettables quand on sait de quoi le trublion ossète est capable lorsqu’il monte sur le podium bien préparé. Ce concert d’ouverture de Salzbourg 2012 témoigne à cet égard d’une soirée d’entre-deux.

    Le meilleur moment en serait l’exécution des Chants et Danses de la Mort de Moussorgski dans l’orchestration d’Alexander Raskatov (2007), qui a imaginé des interludes reliant les quatre mélodies, dont le dernier prend sa source dans un motif de la scène du couronnement de Boris Godounov.

    Une atmosphère sonore tirant la partition vers le XXe siècle et une certaine douceur inquiétante – le clavecin, les cuivres bouchés –, loin des grincements mortifiants de l’orchestration de Chostakovitch, font parfois penser à Hindemith, à Weill, avec une forme de lyrisme traduit on ne peut mieux par le timbre clair typiquement russe de Sergei Semishkur, dont l’art de ciseler les mots n’appartient qu’aux natifs dans ce répertoire.

    Entourant ces minutes d’exception, une Symphonie de psaumes de Stravinski pataude, sans vraie acuité des timbres ni rigueur des alliages sonores – la conclusion du Laudate Dominum, approximative –, sans réelle tension dans les motifs répétés à satiété – un Exaudi un peu poussif –, et une Symphonie n° 5 de Prokofiev épatante de virtuosité mais là encore sans grande tension. Le climax terrible de la fin du premier mouvement manque de tomber à plat, et le Finale, magistrale pièce d’horlogerie déglinguée, n’a pas le mordant ou la cruauté qui dépasseraient la simple haute voltige.

    Et pourtant, que de beautés dans les timbres du Philharmonique de Vienne ! Non vraiment, on ne nous enlèvera pas de l’esprit qu’on est passé à côté d’une soirée mémorable.



     
    Des Soldats historiques



    Bernd Alois Zimmermann (1918-1970)
    Die Soldaten
    Alfred Muff (Wesener)
    Laura Aikin (Marie)
    Tanja Ariane Baumgartner (Charlotte)
    Cornelia Kalisch (Mutter Weseners)
    Tomasz Konieczny (Stolzius)
    Renée Morloc (Mutter Stolzius)
    Gabriela Beňačková (Gräfin La Roche)
    Matthias Klink (Junger Graf)
    Reinhard Mayr (Obrist)
    Daniel Brenna (Desportes)
    Wolfgang Ablinger-Sperrhacke (Pirzel)
    Boaz Daniel (Eisenhardt)
    Wiener Philharmoniker
    direction : Ingo Metzmacher
    mise en scène & décors : Alvis Hermanis
    costumes : Eva Dessecker
    Ă©clairages : Gleb Filshtinsky
    captation : Hannes Rossacher
    Enregistrement live : Felsenreitschule, Salzburg, août 2012
    1 Blu-ray (disponible aussi en DVD) EuroArts Unitel Classica 2072584




    S’il est une production de la première année du mandat d’Alexander Pereira à Salzbourg dont on se souviendra, c’est bien des Soldats de Zimmermann par le tandem Alvis Hermanis-Ingo Metzmacher, serviteurs jusqu’à l’épuisement d’un opéra aussi fondamental que Wozzeck ou Pelléas dans la production du siècle dernier, donné ici sans lésiner sur les moyens colossaux requis.

    Il n’existait jusqu’alors qu’une seule version de l’œuvre en vidéo, celle, pétrifiante, de Harry Kupfer à Stuttgart (1989, DVD Arthaus). Cette publication en haute-définition chez EuroArts de la production salzbourgeoise vient compléter avantageusement la précédente, en proposant même un abord plus aisé d’une partition quasi insoutenable. Restait à savoir si le choc reçu en salle allait passer le truchement d’un équipement de salon.

    La réponse est positive, et même s’il y manque forcément le sentiment d’immersion dans le vaste cadre de scène du Manège des rochers, ainsi que la spatialisation assez géniale des groupes de percussion, la mise en scène gagne encore au gros plan quant à la pertinence de la direction d’acteurs, et permet de découvrir mille détails et subtilités presque invisibles en salle.

    Pari gagné donc, d’autant que la captation de Hannes Rossacher, seulement encombrée de quelques ralentis malvenus, n’occulte aucune action périphérique dans les coins de scène. Ce monde déshumanisé, visages blafards et profils d’écorchés-vifs, n’en trouve qu’une traduction visuelle plus forte encore, culminant dans un numéro d’équilibriste toujours aussi tétanisant, au-dessus d’un orchestre proprement déchaîné.

    Au niveau sonore justement, la battue d’Ingo Metzmacher harcelant pendant deux heures des Wiener Philharmoniker en transe, violents et aiguisĂ©s comme jamais, n’est pas non plus trahie, ni la prestation des chanteurs, au premier rang desquels la Marie hallucinĂ©e de Laura Aikin et le bombardier Ă  dĂ©cibels de Gabriela Beňačková dans la tessiture insensĂ©e de la Comtesse de la Roche. Historique.



     
    Violon meneur



    Arnold Schoenberg (1874-1951)
    Verklärte Nacht, op. 4
    Franz Schubert (1797-1828)
    Quintette Ă  cordes en ut majeur D956
    Janine Jansen, violon I
    Boris Brovtsyn, violon II
    Maxim Rysanov, alto I (Schoenberg)
    Amihai Grosz, alto (II)
    Torleif Thedéen, violoncelle I
    Jens Peter Maintz, violoncelle II
    Enregistrement : Konzerthaus, Dortmund, mai 2012
    1 CD Decca 478 3551




    Un peu de musique de chambre pour se remettre d’un tel choc, après lequel la Nuit transfigurée sonnera presque comme une sérénade mozartienne. Très beau disque en effet que ce couplage du sextuor de Schoenberg avec le Quintette à deux violoncelles de Schubert par un ensemble d’éminents instrumentistes internationaux réunis autour de l’archet à l’autorité naturelle de Janine Jansen.

    On n’en appréciera que plus l’éloquence soliste de chaque rouage de cet orchestre de poche qui sonne avec l’évidence des ensembles constitués, mais peut-être pas toujours avec la liberté de ton qu’on trouve chez les plus grands dans Schubert, ici l’œil rigoureusement concentré sur la forme et sur l’absence d’effet, jusqu’à assécher parfois le discours si expressif des premiers feux du véritable romantisme. D’une perfection formelle absolue, cette lecture peut manquer de la vie plus naturelle d’une phrase, d’un archet plus chantant ici ou là.

    Dans la Nuit transfigurée en revanche, aucune réserve face à une interprétation là encore dosée à la perfection, sans pesanteur aucune, mais où la vitesse d’archet, des contrastes forts et assumés font palpiter les derniers feux du romantisme agonisant, sans touffeur ni mystère démesuré – Sehr langsam initial –, mais avec une lumière irradiante dans les épisodes de tension – Schwer betont – et partout un contrôle du vibrato comme vraie ressource expressive.

     
    Yannick MILLON


     

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