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SELECTION CD 17 août 2018

Des ballets pour Noël

© Emmanuel Donny


Trois publications BelAir illustrent trois aspects de la danse aujourd’hui. Au traditionnel Casse-Noisette vu par l’Opéra de Berlin s’oppose Le Lac des cygnes du Bolchoï. Toutes deux affrontent une des plus incontournables approches de la danse contemporaine avec Rain de De Keersmaker, défendu par les danseurs de l’Opéra national de Paris.


Le 18/12/2015
Gérard MANNONI
 

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     Des ballets pour Noël

    Casse-Noisette



    Casse-Noisette
    Staatsballet de Berlin
    Aavec Iana Salenko et Marian Walter
    1 DVD BelAir Classiques BAC125


    Mené par Iana Salenko, issue du Ballet de Kiev et donc formée à la meilleure école russe et par l’Allemand Marian Walter, danseur principal du Ballet de l’Opéra de Berlin, ce Casse-Noisette s’inscrit dans la plus absolue tradition décorative. La chorégraphie est réalisée par Vasili Medvedev et Yuri Burlaka d’après Petipa et Ivanov, comme la majorité des innombrables versions existantes de ce ballet. Pas de vraies surprises donc au niveau de la chorégraphie même si, une fois de plus, on peut supposer que ni Ivanov ni Petipa ne se reconnaîtraient vraiment là.

    Mais peu importe, comme dans la version Noureev de Paris, il y a beaucoup de danse et on a la bataille avec les rats, les flocons de neige plus vrais que nature et deux beaux danseurs bien romantiques pour défendre l’histoire. Drosselmeyer est particulièrement distingué, le Prince-Casse-Noisette a un physique délicat mais une danse forte et la Clara d’Iana Salenko une technique sans reproche. La décoration est d’une richesse extrême tant pour les décors que pour les costumes. La féerie est certes très germanique à cet égard, mais pourquoi ne pas jouer le jeu ? La partition est de toutes façons irrésistible, interprétée ici par l’Orchestre du Deutsche Oper de Berlin en personne sus la baguette Robert Reimer.



     
    Le Lac des cygnes



    Le Lac des cygnes
    Ballet du Bolchoï de Moscou
    Avec Svetalana Zakharova, Denis Rodkin et Artemy Belyakov
    1 DVD BelAir Classiques BAC119


    C’est la grande version russe de Yuri Grigorovitch, retransmise d’ailleurs dans de nombreux cinémas, que l’on peut avoir aussi chez soi et offrir, pourquoi pas aux inconditionnels de la Zakharova et à tout amateur de la danse russe. La version Grigororitch est sensiblement différente de celle que Noureev a remontée pour Paris. Ce ne sont pas toujours les mêmes musiques pour les mêmes passages mais peu importe. Tout y est. L’histoire est centrée sur le prince qui rêve toutes ces aventures et Rothbart n’est pas comme chez Noureev assimilé à un précepteur équivoque. C’est un vrai magicien méchant. On retrouve le Bouffon, comme dans la version que Bourmeiter avait faite pur Paris en 1961 et qui resta longtemps à l’affiche et fut même reprise par Patrick Dupond directeur.

    C’est l’occasion pour le danseur Igor Tsvirko de nous gratifier d’une série de tours à la seconde et pirouettes du plus incroyable effet. Le prince a le très joli physique de la nouvelle Étoile du Bolchoï, le blond Denis Rokin. Il bénéficie aussi de sa très élégante et brillante technique, avec entre autres un saut magnifique, dès son entrée en une impressionnante diagonale de grands jetés. Il ne pâlit pas aux face à la star des stars, la sublime Svetlana Zakharova dont la beauté, le raffinement, la pureté de chaque pas, de chaque geste dans le plus pur style russe, notamment pour la tête et les bras, fascinent à chaque seconde.

    Décoration et costumes sont dans la grande tradition du Bolchoï, avec ce qu’elle a de lourdeur et de majesté aussi. À noter que le cygne noir à l’acte II est entouré de nombreux congénères qui accompagnent à nouveau Rothbart dans la fin de l’acte III. Une belle version somptueusement dansée et ponctuée par les acclamations d’un public passionné chaque fois qu’entre ou sort de scène une Étoile.



     
    Rain



    Rain
    Anna Teresa de Keersmaker
    Ballet de l’Opéra national de Paris
    1 DVD BelAir Classiques BAC126


    Texte C’est l’un des mérites de Brigitte Lefèvre lorsqu’elle dirigea le Ballet de l’Opéra, d’avoir su attirer dans la maison aussi bien Pina Bausch qu’Anne Teresa de Keermaker. La compagnie est maintenant dotée de certains des plus impressionnants ballets de l’une et de l’autre. Créé en 2000 sur la Music for eighteen musicians de Steve Reich, compositeur dont Keersmaker a souvent utilisé les œuvres, Rain est un ballet à la fois d’une grande complexité et d’une absolue limpidité. On y retrouve le goût et le génie de la chorégraphe pour certaines formules géométriques dans l’organisation et la désorganisation des groupes, une danse d’une vigueur et d’une poésie hors du temps et d’une absolue musicalité.

    Le décor et les éclairages très travaillés de Jan Versweyveld, bien en situation par rapport à la danse et à la musique, les costumes à la fois simples et originaux de Dries von Noten, la participation fascinante du groupe Ictus pour la musique, tout contribue à faire de ce spectacle l’un des plus marquants de ces dernières années et certainement l’un des plus forts de la fin du XXe siècle. Comme il l’a fait du style de tant d’autres chorégraphes d’aujourd’hui, le Ballet de l’Opéra a assimilé à la perfection celui d’Anne Teresa de Keersmaker. C’est beau d’un bout à l’autre, une nouvelle manière d’être classique.

     
    Gérard MANNONI


     

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