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SELECTION CD 08 mars 2021

2 x 10 = Mahler



À quelques mois d'intervalles se croisent deux interprétations majeures de la Xe symphonie de Gustav Mahler : celle de Simon Rattle qui est déjà sa deuxième gravure et une réédition d'un enregistrement déjà ancien mais presque sans une ride de Riccardo Chailly. Confrontation.



Le 25/10/2000
Michel PAROUTY
 

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    Xe Symphonie de Gustav Mahler


    Comme Schubert, Mahler a eu son "Inachevée". L'été 1910, il compose sa Dixième Symphonie. Il disparaît en mai 1911, laissant un premier mouvement quasiment terminé, et des esquisses des trois autres. Deryck Cooke, aidé de Berthold Goldschmidt, puis Colin et David Matthews tenta l'aventure de la réalisation complète. Avec succès, si l'on en croit la réaction favorable d'Alma Mahler après la première exécution, en 1964, à la BBC- Goldschmidt, pour l'occasion, était au pupitre.

    À quelques mois d'intervalle, le disque restitue les visions de Simon Rattle et Riccardo Chailly face à cette partition poignante et démesurée. Le premier avec la publication d'un concert berlinois de 1999. Le second avec le retour de son enregistrement de 1986, qui marquait, sauf erreur, son entrée triomphale en terre mahlérienne. Sans doute aujourd'hui, avec le Concertgebouw, Chailly trouve-t-il d'autres couleurs, plus subtiles, plus chaleureuses. Mais déjà, l'ample Adagio initial révèle ses qualités : un discours mené avec naturel, un sens du chant, de la mélodie et même du théâtre, dans des contrastes savamment négociés, une palette de nuances étendue à l'envi, Ses limites, à l'époque ? Faire passer l'hédonisme sonore au premier plan, privilégier l'effusion sur le sarcasme- le bref Purgatorio en apporte la preuve. Chaleureuse, généreuse, immédiatement séduisante, la Dixième de Mahler vue par Chailly est un hymne à l'orchestre d'une intense beauté.

    Le ravissement, au sens fort, n'est pas moins grand avec le Philharmonique de Berlin et son futur chef permanent, Simon Rattle. En durée, deux minutes seulement sépare son interprétation de celle de Chailly. Deux minutes et un monde entier. Des timbres moins brillants mais d'un raffinement extrême, une tension permanente qui s'insinue dès les premières mesures. Là où son rival laissait s'épancher les sonorités les plus flatteuses, Rattle laisse sourdre le drame : le thème largement déployé de l'Adagio est chargé d'inquiétude et chaque mesure, prévisible chez Chailly, est ici une surprise. Le Scherzo est grinçant, les variations de dynamique du Purgatorio ont quelque chose de rageur, et le finale s'ouvre sur des coups de boutoir de la grosse caisse qui rendent encore plus étreignante la mélodie de la flûte suspendue dans sa nudité. C'en est bien fini, avec Rattle, des épanchements romantiques. Son Mahler est bien celui d'un XXe siècle tourmenté. Prophétique, désespérant et surtout déchirant.

     
     

     

  • Xe Symphonie de Gustav Mahler
     



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