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SELECTION CD 21 mai 2018

Goldberg en VSOP



Murray Perahia mûrissait ses Goldberg depuis plus de 20 ans, comme un bon vin. Sans acidité, sans chaptalisation, sans goût artificiel de banane ou de framboise, il livre un cru équilibré, riche en arômes mais surtout en esprit. Un breuvage digne d'une appellation contrôlée.



Le 13/11/2000
Gérard MANNONI
 

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    Les Variations Goldberg par Murray Perahia
    Variations Goldberg de J.S.Bach
    Murray Perahia, piano
    1 CD Sony SK 89243


    Les Variations Goldberg sont une épreuve du feu pour tout pianiste ou claveciniste. Rien de plus dangereux que ce dépouillement où tout s'entend et où seule l'expression la plus intime permet de faire la différence. Et pourtant, ces différences existent de manière criante entre les grandes versions disponibles : Glenn Gould que tout le monde a dans l'oreille, mais aussi Gustav Leonhardt, Wanda Landowska la pionnière, Scott Ross, Daniel Barenboim, ou plus récemment Rosalynd Tureck et Evgeni Koroliov au piano.

    Murray Perahia est a priori le type même d'interprète capable d'éclairer l'oeuvre d'une lumière particulière. Et c'est bien ce qui se produit. D'emblée, à l'exposition du thème, on est séduit par la nature fluide et si soyeuse du toucher. La texture du son est déjà une richesse en soi, mais comme toujours avec lui, nous évoluons ici dans un univers où rien n'est banal ni convenu, mais où tout semble familier parce que d'une grande simplicité.

    Perahia ne cherche pas à tirer l'oeuvre vers le grand piano romantique en épaississant les lignes. Pas d'excès de vélocité, ni au contraire d'effet de décomposition analytique par des tempi ralentis à outrance, bref pas d'étalage. Perahia choisit de privilégier le flux mélodique avant la structure ou le rythme. Du coup, il réussit à tenir presque de bout en bout l'ambiance suspendue qui d'habitude perdure rarement au-delà de l'aria initiale.

    Une célèbre anecdote fait des Goldberg une musique onirique destinée à habiller les insomnies d'un certain Comte Von Kayserling, qui fut probablement un admirateur et soutien actif de Bach. Chez Perahia, tout se déroule justement comme un rêve impondérable, mais un rêve sans délire, aux structures cristallines et presque rassurantes. Ce n'est pas du Bach dans un esprit de fidélité philologique. Ce n'est pas non plus du Bach issu directement de l'école romantique de piano. C'est finalement une nouvelle facette d'un diamant dont on ignore encore la circonférence.

     
    Gérard MANNONI


     

  • Les Variations Goldberg par Murray Perahia
     



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