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SELECTION CD 06 mars 2021

Orphée se rachète en DVD



Cet Orphée et Eurydice de Gluck est la captation en DVD d'une production du Théâtre du Châtelet en 1999. À l'époque, le spectacle n'avait pas fait l'unanimité, mais le DVD en corrige les principaux défauts.



Le 12/03/2001
Yutha TEP
 

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     OrphĂ©e et Eurydice

    Orphée et Eurydice de Gluck, version révisée par Hector Berlioz (1859).
    Orphée et Eurydice de Gluck, version révisée par Hector Berlioz (1859).

    Robert Wilson, mise en scène
    Frida Parmeggiani, costumes
    Sir John Eliot Gardiner, direction musicale
    Avec Magdalena Kozena (Orphée), Madeline Bender (Eurydice), Patricia Petibon (Amour).
    Orchestre RĂ©volutionnaire et Romantique
    Montevedi Choir.

    DVD Arthaus Musik (Distribution NaĂŻve)
    100 062


    Les mises en scène de Robert Wilson se suivent et ressemblent, quel que soit le sujet. Pour cet Orphée, l'adéquation entre la noble simplicité de l'oeuvre et la plastique un brin figée du metteur en scène Robert Wilson avait laissé un brin dubitatif.

    Il n'en va pas de même avec les interprétations souvent décapantes de Sir John Eliot Gardiner, avec ses fidèles phalanges de l'Orchestre Romantique et Révolutionnaire et du Monteverdi Choir. Pourtant, les options musicales de Gardiner n'avaient pas non plus fait l'unanimité, la partie d'Orphée (revue par Berlioz pour la grande Pauline Viardot) semblant nettement dépasser les moyens d'une Magdalena Kozena projetée un peu tôt dans un rôle si exigent.

     



    Avouons d'emblée que le DVD escamote habilement ces défauts. On perd l'appréhension globale des véritables tableaux que Robert Wilson élabore, mais en contrepartie, les changements de plan apportent une vivacité réelle, même si la fameuse Danse des Furies demeure étriquée faute de véritables danseurs.

    Dotées l'une et l'autre d'un physique avenant, Patricia Petibon et Madeline Bender y gagnent un relief étonnant. Paradoxalement, la ravissante Magdalena Kozena s'en trouve, elle, privée par la faute d'un maquillage plus enlaidissant que virilisant.

    Musicalement, c'est toutefois elle qui tire le meilleur parti de ce passage en DVD. Le manque de projection, flagrant dans l'acoustique du Châtelet, n'est plus ici un problème : on a donc tout loisir d'admirer la beauté du timbre, la qualité du phrasé et une virtuosité ébouriffante dans l'air Amour vient rendre à mon âme spécialement ajoutée pour Viardot. Reste toutefois une déficience dans les graves, qui brise parfois sa ligne de chant.

    Patricia Petibon n'est pas en reste, Amour espiègle, à l'aigu aisé. Somptueuse Eurydice serrée dans une roble d'un blanc virginal, Madeline Bender possède une voix souple et charnue, capable d'éclat dans ses imprécations désespérées. On saurait en outre difficilement résister aux couleurs fastes de l'Orchestre Révolutionnaire et Romantique (les trombones dans la Scène des Furies !), aux pupitres magistralement mis en relief.

    Le Monteverdi Choir est vocalement et théâtralement glorieux, authentiquement affligé devant le chagrin d'Orphée et d'une violence terrifiante dans les cris des Furies. Fort de ses armes, Gardiner sacrifie peut-être un peu trop les moments d'abandon ou de sérénité, mais qui saurait comme lui imprime une tension constante au discours dramatique ? Assurément, Sir John Eliot est un grand chef doublé d'un homme de théâtre.

     
    Yutha TEP


     

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