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SELECTION CD 20 mai 2019

Des fugues rendues au soleil



On sait la passion de Félix Mendelssohn pour Bach. On connaît moins ses propres réussites en tant que compositeur des Préludes et Fugues, dans les pas de Bach. Marie-Josèphe Jude leur rend une place digne.



Le 14/03/2001
Olivier BERNAGER
 

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     ?uvres pour piano de Félix Mendelssohn

    Préludes et fugues, Variations sérieuses et Pièces enfantines de Félix Mendelssohn.
    Félix Mendelssohn
    Six préludes et fugues opus 35
    Variations sérieuses en ré mineur opus 54
    Pièces enfantines (Kinderstücke), opus 72
    Marie-Josèphe Jude, piano
    Lyrinx LYR 200


    Les Préludes et Fugues de Mendelssohn sont très rares en concert comme au disque. Sur support de polycarbonate, certains figurent en complément de minutage, par Murray Perahia, Julius Katchen, Nikita Magaloff ou Chura Sherkasssky. Il existe également des intégrales quasiment impossibles à dénicher, de Daniel Laval, d'Anna Stella-Schic et Benjamin Frith (Naxos).

    L'enregistrement de Marie-Josèphe Jude répare donc un oubli qui fâche quand on écoute ces oeuvres avec l'attention qui leur sied. Elles ne sont certes pas si démonstratives que les Romances sans paroles, mais elles n'ont rien d'ennuyeux, et font largement mentir l'opprobe d'une musique de notaire élégant, que traîne ce compositeur trop peu joué (si ce n'est ses symphonies à titre), et trop mal connu.

    Dans ces six Préludes et fugues, notablement plus longs que l'oeuvre homonyme de Bach, Mendelssohn se laisse gagner par le plaisir du développement. Leur simplicité apparente, leur refus des tensions extrême, contrairement aux fugues de Beethoven, entraînent l'auditeur dans un monde où chaque détail est susceptible d'être la source d'une invention nouvelle, un monde qui attise la curiosité plutôt que l'effroi.

    Si elles n'atteignent pas la profondeur des fugues beethovéniennes, elles ne doivent pas pour autant être taxées pour bavardage : ce serait faire outrage au sentiment d'équilibre qui se dégage de ces pages écrites d'une encre précise et respectueuse du genre.

    Dans les Variations sérieuses, le chef-d'oeuvre pianistique de Mendelssohn, Marie-Josèphe Jude développe une éloquence claire, et fait preuve d'une virtuosité efficace qui ne cherche toutefois jamais à être démonstrative.

    Les Scènes enfantines qui suivent décrivent un monde serein, loin des inquiétudes des Scènes d'enfant de Schumann. Avec la retenue qui sied si bien à son jeu, la pianiste les situe dans le monde des réminiscences heureuses. Le contraste est saisissant après l'oeuvre qui précède.

    Au lendemain de son intégrale Brahms, en cours de finition pour le même éditeur, on aurait pu croire que Mendelssohn serait pour l'excellente pianiste une bienfaisante récréation. Il n'en est rien. Voici décidément un compositeur dont la connaissance intime fait mentir la réputation. Avec fougue et rigueur, Marie-Josèphe Jude le ramène à sa juste place, pas loin de Beethoven, à côté de Schumann. Sous le soleil, exactement





     
    Olivier BERNAGER


     

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