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SELECTION CD 12 juillet 2020

Rencontre au sommet



Au festival de Salzbourg, le Philharmonique de Vienne s'entoure souvent de chefs prestigieux pour des prestations exceptionnelles. Depuis quelques années, la ville de Mozart semble être le terrain d'élection de Valery Gergiev. Rencontre au sommet pour un DVD événement.


Le 17/04/2003
Yannick MILLON
 

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     Rencontre au sommet

    Musique russe du XXe siècle
    Sergei Prokofiev (1891-1953)
    Symphonie classique
    Alfred Schnittke (1934-1998)
    Concerto pour alto
    Yuri Bashmet, alto
    Igor Stravinski (1882-1971)
    l'Oiseau de feu, version 1910.

    Wiener Philharmoniker
    direction : Valery Gergiev
    1 DVD TDK DV-VPOVG


    Pour ce concert du dimanche à 11h, on est d'abord étonné de retrouver un orchestre fringant dont on a peine à imaginer qu'il a terminé la dernière de Tristan dans ce même Grosses Festpielhaus la veille à presque minuit. Les musiciens ont pourtant l'air frais et dispos. Pour avoir eu la chance d'assister à l'événement ce 20 août 2000, nous pouvons affirmer qu'il flottait alors dans l'air de Salzbourg un parfum indescriptible et comme grisant, de ceux qui vous font sentir que vous allez assister à un moment musical exceptionnel. Après avoir vécu en direct un concert de ce niveau, on a presque peur d'en visionner le « DVD souvenir ». Et l'on a tort, car la magie du concert est demeurée absolument intacte grâce aux caméras expertes de Brian Large qui retranscrivent avec une grande fidélité le moindre tressaillement d'un chef absolument « déjanté Â».

    Que dire de la Symphonie classique de Prokofiev qui ouvre le programme, sinon qu'elle est miraculeuse d'équilibre, de ludisme et de splendeur orchestrale ? Le tempo légèrement trop lent du premier mouvement n'est même pas un handicap, car il permet d'entendre une foule de détails qui sont un ravissement permanent pour l'oreille. C'est sans doute pour mieux contraster avec un Molto vivace final pris tel un bolide, mais montrant à chaque seconde l'extrême maîtrise des musiciens, qui avalent leurs traits pourtant impitoyables – les flûtes – avec une facilité jouissive. Quelle précision dans la virtuosité, et quelle justesse !

    Nettement moins amusant mais tout aussi marquant, pour d'autres raisons, le Concerto pour alto de Schnittke qui suit impressionne durablement, par la charge émotionnelle très lourde qu'il véhicule, par le total engagement de ses interprètes. Bashmet semble jouer sa vie à chaque note, culminant dans un dernier mouvement plus insoutenable encore que les pages les plus éprouvantes de Chostakovitch, hanté par des tenues d'alto qui vous poursuivent des heures entières, des ambiances glauques rendues à la perfection par l'instrumentarium un peu particulier – piano, célesta et clavecin – qui répète de manière obsessionnelle les mêmes cellules. Par cette journée de canicule – ce dimanche fut la plus chaude de l'année 2000 – Bashmet termine trempé, et émotionnellement vidé par une musique aussi étreignante.

    Pour finir, un Oiseau de feu de rêve, qui dépasse les attentes les plus folles. Gergiev en fait ressortir toute la modernité, le foisonnement inventif de l'orchestration, les couleurs fauves et parfois crues. L'orchestre semble illimité en dynamique, du pianissimo le plus irréel – les cordes juste avant le second tableau – au fortissimo le plus assourdissant – le crescendo phénoménal de la coda. Aussi à l'aise dans la tendresse – le solo de hautbois de Gottfried Boïsists dans la Ronde des princesses, le solo de cor, les glissandi de harpe relayés par des violons beaux à pleurer et le court solo de flûte de Dieter Flury au début du second tableau, tous les solos de violon du génial konzertmeister Werner Hink – que dans les déflagrations orchestrales – Danse de Katscheï foudroyante, aux cuivres et aux percussions chauffés à blanc, coda du second tableau aux trombones et aux trompettes incandescents – l'orchestre, qui avoue adorer le chef russe, se surpasse à chaque instant, se pliant au moindre rubato, à la moindre inflexion du démiurge qui lui fait face. L'air possédé, le regard illuminé, le geste anarchique, Gergiev, qui finit encore plus en nage que Bashmet, fait ce qu'il veut de l'orchestre qui le suit dans ses derniers retranchements, pour une prestation à couper le souffle.

    Un DVD indispensable, qui retranscrit à la perfection l'effervescence d'un des concerts les plus fondamentaux du Salzbourg de ces dernières années. A acquérir d'urgence !

     
    Yannick MILLON


     

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