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CRITIQUES DE CONCERTS 17 juin 2019

Concert de l'Orchestre philharmonique de Vienne sous la direction de Valery Gergiev au festival de Salzbourg 2005.

Salzbourg 2005 (3) :
Une équipe qui gagne

Avant-dernier programme symphonique des Wiener Philharmoniker à Salzbourg sous la direction enflammée et dionysiaque de Valery Gergiev, dans un programme autour de la mort et de la mer, culminant dans une Shéhérazade de Rimski à couper le souffle. Un concert exaltant de plus à l'actif d'une équipe qui fonctionne à merveille.
 

Großes Festspielhaus, Salzburg
Le 21/08/2005
Yannick MILLON
 



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  • Une fois encore, la rencontre aura fait des étincelles. A Salzbourg, chaque apparition de Valery Gergiev à la tête du Philharmonique de Vienne engendre un concert d'anthologie, comme peuvent en témoigner la 5e symphonie de Tchaïkovski récemment rééditée en CD par Philips et le fabuleux concert d'août 2000 avec la Symphonie classique de Prokofiev et l'Oiseau de feu de Stravinski en DVD chez TDK.

    Aujourd'hui, c'est de manière très progressive, presque insidieuse, que le démiurge opère dans une Ile des morts de Rachmaninov fermement appuyée sur les cordes, plus mélancolique que tragique dès l'engourdissement initial d'une mesure à cinq temps très lentement pulsée. Et ce n'est pas du choral de cuivres, sans noirceur excessive, que s'exhale l'atmosphère funèbre inspirée au compositeur par le tableau de Böcklin, mais de cordes graves inquiètes. Puis dans les déchaînements d'une houle imprévisible, le chef russe projette chaque phrase avec un élan dévastateur.

    On reste ensuite dans l'univers marin, avec la création de Circulating Ocean, commandée au compositeur japonais Toshio Hosokawa par le directeur du festival Peter Ruzicka. L'occasion de découvrir un talent d'orchestrateur, de coloriste, de maître dans l'art de suggérer des climats poétiques. Sonorités évocatrices de la machine à vent, insaisissables harmoniques des cordes, textures fuyantes et irisations inidentifiables de la percussion, on se laisse porter par une pièce changeante et très finement instrumentée – le calme du solo hypnotique de flûte basse puis de basson.

    Raz de marée symphonique

    Après la pause, on exulte devant une Shéhérazade de Rimski-Korsakov emmenée par un orchestre galvanisé. Le temps d'une entrée en matière au tempo presque arrêté, et les flûtes soufflent un vent de nostalgie et de mystère sur les contes des Mille et une nuits. Gergiev, à la manière d'un raz de marée et non sans grognements intempestifs, emporte tout sur son passage, avec une énergie et un motorisme sensibles jusque dans la manière des cordes d'attaquer chaque phrase bien au talon de l'archet.

    Le Prince et la Princesse ne cède jamais aux lenteurs larmoyantes pour n'exprimer qu'un lyrisme ardent, car on retrouve tout du long les élans presque improvisés de l'enregistrement du chef, mais avec l'énergie d'un vrai live et surtout un orchestre de la pointure du Philharmonique de Vienne. Mais c'est surtout la Fête à Bagdad qui abattrait des montagnes, dans la furie d'une danse au tempo affolé, course à l'abîme forcenée, orgie sonore quasi toscaninienne. Dans ce qui reste l'une des pages de haute virtuosité de la littérature symphonique du XIXe siècle, une prestation orchestrale d'une facilité ahurissante.

    Il n'est guère que le violon solo de Rainer Küchl, si riche de son mais ce matin bien faux, pour jeter une note de discorde et faire risquer sa tête à la princesse persane. Car ce concert restera une magnifique prestation de plus pour un tandem parmi les plus captivants de la scène musicale internationale.




    Großes Festspielhaus, Salzburg
    Le 21/08/2005
    Yannick MILLON

    Concert de l'Orchestre philharmonique de Vienne sous la direction de Valery Gergiev au festival de Salzbourg 2005.
    Sergei Rachmaninov (1873-1943)
    L'île des morts, poème symphonique op. 29 (1907)

    Toshio Hosokawa (*1955)
    Circulating Ocean, commande du festival de Salzbourg (2005)
    Création mondiale

    Nikolai Rimski-Korsakov (1844-1908)
    Shéhérazade, suite symphonique op. 35 (1888)

    Wiener Philharmoniker
    direction : Valery Gergiev

     


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