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SELECTION CD 21 février 2020

Sélections Noël 2019



Cette année encore, l'approche des fêtes et la période de l'Avent ne pouvaient avoir lieu sans quelques sélections de DVD ou de coffrets CD recommandés par notre rédaction comme jolis cadeaux de Noël à placer sous le sapin le 25 décembre. Entre opéras captés à Salzbourg en 2018 et quelques sélections coffrets, passage en revue. Joyeux Noël !
Aujourd’hui, Coffrets Warner Classics



Le 16/12/2019
Yannick MILLON
 

  • OpĂ©ras sur le vif Ă  Salzbourg 2018
  • Coffrets Warner Classics
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      (ex: Harnoncourt, Opéra)


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     Coffrets Warner Classics

    Anne Quéffelec





    Anne Quéffelec
    The Complete Erato Recordings
    Scarlatti, Schubert, Chopin, Liszt, Bach, Ravel, Debussy, Mendelssohn, Beethoven, Fauré, Poulenc, Haydn, Hummel, Satie, Dutilleux
    Enregistrements : 1970-1996
    21 CD ERATO 0190295542788


    Artiste discrète, élève d’Alfred Brendel, bien connue des mélomanes français pour ses disques des années 1970 et par ailleurs toujours active chez MIRARE, Anne Quéffelec, qui a fêté son soixante-dixième anniversaire l’an passé, s’est vue gratifier pour l’occasion de cette mise en coffret de l’intégralité de ses gravures ERATO et Virgin (21 CD).

    Ce clavier franc, solaire, qui crépite, virevolte et se cabre, d’une énergie parfois phénoménale – les Scherzos et Impromptus de Chopin, un album Liszt exemplaire (Méphisto, Jeux d’eau à la Villa d’Este) – a toujours défendu une certaine vigueur de la musique française : Études de Debussy, gravées au Musée Guimet sous la supervision experte de Catherine Collard ; intégrale du piano seul de Ravel (le délié et les aigus cristallins de Jeux d’eau et d’Une barque sur l’océan, le parfait mélange de coups de griffe et de malaise sous-jacent des Miroirs) ; une incontournable anthologie Dutilleux, deux disques Satie parfois un peu secs.

    L’hommage propose en outre trois premières éditions au CD : le disque Chopin précité, un Schubert (Impromptus, Moments musicaux) un peu raide, frontal, manquant de respiration et court en arrière-plans, deux très beaux Trios avec piano de Mendelssohn avec Pierre Amoyal et Frédéric Lodéon. Plus un Concerto en sol de Haydn plein de gourmandise avec Armin Jordan sur le CD 15, qui comporte également un Concerto en ré au moins aussi réjouissant.

    Dans le domaine concertant justement, impossible de passer à côté des Ravel avec Alain Lombard, d’une lumière aiguisée exemplaire, d’un incisif Double Concerto de Poulenc avec Jean-Bernard Pommier (et un impeccable Richard Hicocks à la direction), tandis que sur les terres chambristes, on salue le retour de l’anthologie Schubert à quatre mains avec Imogen Cooper, infiniment plus tendre que l’album solo, d’un rubato subtil, d’une discipline rythmique (les marches militaires) jamais prise en défaut.



     
    Sinopoli Seconde École de Vienne





    Arnold Schoenberg (1874-1951)
    Six Lieder avec orchestre op. 8, Un Survivant de Varsovie, Musique d’accompagnement pour une scène de film, Symphonie de chambre n° 1, Gurrelieder
    Alban Berg (1885-1935)
    Sept Lieder de jeunesse, Altenberglieder, Trois pièces pour orchestre op. 6, Le Vin, Trois mouvements de la Suite lyrique, Trois fragments de Wozzeck, Lulu-Suite, Concerto pour violon, Concerto de chambre
    Anton Webern (1883-1945)
    Im Sommerwind, Passacaille op. 1, Six pièces pour orchestre op. 6, Cinq pièces pour orchestre op. 10, Symphonie op. 21, Concerto op. 24, Variations op. 30
    Staatskapelle Dresden
    direction : Giuseppe Sinopoli
    Enregistrements : 1988-1998
    8 CD Warner Classics 0190295439576


    Si vous aimez votre Seconde École de Vienne saignante, âpre et anguleuse, passez votre chemin ! Le Schoenberg, le Berg et le Webern du Vénitien Giuseppe Sinopoli sont tout le contraire : lumineux, arrondis, par touches de couleurs refusant tout expressionnisme. Pourtant, rien d’épais, de mou ou d’épuisé rythmiquement dans ces lectures classiques facilitant comme rarement l’accès à cette musique considérée depuis toujours comme ardue.

    Il n’y a qu’à écouter quelques mesures du Pierrot lunaire, où Luisa Castellani joue de la rondeur et de la légèreté de son timbre, d’une déclamation qui s’interdit tout cri, aux côtés de musiciens saxons au raffinement inouï, agissant par poudroiement et petites touches. La Première Symphonie de chambre, d’une absolue clarté formelle, sera tout aussi limpide, tandis que malgré leur effectif par nature plus écrasant, les Gurrelieder resteront dans une lignée wagnérienne amincie, regardant justement vers l’Italie, avec un orchestre de rêve et le récitant extraordinaire de Klaus-Maria Brandauer.

    Alessandra Marc, dans les Lieder op. 8, Erwartung puis les Altenberglieder, la Lulu-Suite et les fragments de Wozzeck de Berg, exhibe une réelle pulpe du timbre, un rayonnement généreux qu’elle sait plier aux nuances demandées, et qui, à proximité d’une Deborah Voigt radieuse dans Der Wein, fera paraître l’émission de Juliane Banse décharnée dans les Sieben frühe Lieder.

    Enfin, dans le CD 8 consacré à Webern, à marquer d'une pierre blanche, la Staatskapelle de Dresde est un ravissement constant, jamais un son anodin ou dans la pure démonstration (Pièces op. 6), toujours dans un camaïeu entre ombre et lumière (Passacaille, Pièces op. 10) qui sied particulièrement à cet univers, rappelant les cordes fines et concentrées à la fois de la Suite lyrique et du Concerto à la mémoire d’un ange des deux disques précédents.

    Si dans l’absolu, on peut juger cette anthologie un peu trop Ă©loignĂ©e des dĂ©chirements, des contrastes fulgurants, du malaise profond de l’époque de ces trois maĂ®tres majeurs de l’histoire de la musique, on n’aura jamais abordĂ© ce rĂ©pertoire avec une telle facilitĂ© d’écoute, qui en fait probablement la meilleure porte d’entrĂ©e pour qui souhaiterait s’y mettre sans risquer d’être « agressĂ© Â» par des atours trop Ă©charpĂ©s (qu’on trouvera chez un Boulez ou un Gielen d’une tout autre tension).


    [Précision éditoriale : sur notre exemplaire du CD 5, l’ordre annoncé au verso du disque et dans le livret ne correspond pas au plageage réel. Les Pièces op. 6 annoncées plages 13-14-15 et Der Wein plage 16 sont inversés (plage 13 pour Le Vin, et 14-15-16 pour les Op. 6), même si le minutage annoncé correspond bien à la durée des plages réelles.]



     
    Intégrale Berlioz Warner





    Hector Berlioz (1803-1869)
    The Complete Works
    Enregistrements : 1924-2018
    27 CD Warner Classics 01900295614447


    2019 aura été, plus encore que celle d’Offenbach, l’année Berlioz, célébrant le bicentenaire de la naissance du plus romantique de nos compositeurs nationaux, à défaut d’une panthéonisation sans cesse repoussée. L’occasion pour Warner Classics de constituer une très belle intégrale de l’œuvre du natif de l’Isère en 27 CD, dans un très beau coffret agrémenté d’un épais livret de 162 pages comportant un excellent texte analytique de David Cairns, une chronologie et un index des œuvres, ainsi que de nombreux documents (photos, portraits, dessins, manuscrits et billets griffonnés).

    À l’image du coffret Debussy de l’an passé, soucieux d’exhaustivité, Warner a inclus quelques premiers enregistrements mondiaux, comme les trente-cinq minutes de fragments de l’opéra La Nonne sanglante captés à la Côte-Saint-André en 2018 autour de Véronique Gens, mais aussi la fugue pour orgue de 1826 et celle de 1829, la mélodie Le Dépit de la bergère, ainsi que la version orchestrale du chœur d’hommes Le Temple universel.

    Dans les grandes allées de la production du compositeur, l’éditeur a largement puisé dans les excellentes gravures de John Nelson (Benvenuto Cellini, Les Troyens, Béatrice et Bénédict) ainsi que chez un berliozien né comme John Eliot Gardiner (L’Enfance du Christ), dont la présence a nécessité quelques emprunts à la concurrence (Messe solennelle). Saluons aussi l’excellente idée de proposer deux versions des Nuits d’été, pour mezzo seule (Janet Baker) puis l’alternative pour mezzo, ténor et baryton.

    Si l’on applaudit à l’intégration de trois ouvertures par Sir Adrian Boult (Rob Roy, Waverley, Le Roi Lear), on regrettera qu’un autre chef britannique historique épris de Berlioz, le grand Sir Thomas Beecham, ait été totalement oublié ici, mais aussi qu’un interprète de la trempe d’André Cluytens soit réduit à la portion congrue. Comme dans toutes les intégrales, on peut donc ergoter sur les choix opérés dans les catalogues EMI et ERATO.

    Et si l’on redécouvre le beau lyrisme du Roméo et Juliette de Riccardo Muti à Philadelphie, et que le Harold en Italie de Bernstein à Paris, très convenable, ne marque pas outre mesure, on aurait pu rêver Symphonie fantastique plus échevelée que celle de Jean Martinon, mais au moins la continuité est-elle assurée avec son excellent Lélio. On regrettera au fond surtout le choix du Requiem assez atone de Louis Frémeaux à Birmingham, surtout au moment où Warner réédite en parallèle la version ô combien plus éloquente d’André Previn avec le LPO que nous ne saurions que trop vous conseiller.



    Le CD 27 comporte enfin, en guise de bonus, quelques incunables, dont l’enregistrement princeps de la Fantastique par l’Orchestre Pasdeloup et Rhené-Bâton en 1924, précaire de son et de technique orchestrale (surtout lorsqu’on le compare avec la géniale première gravure de Pierre Monteux avec l’Orchestre symphonique de Paris en 1930 distribuée par Music and Arts) mais étonnant par les spécificités sonores de la facture instrumentale française de l’entre-deux-guerres.

     
    Yannick MILLON


     

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