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SELECTION CD 15 août 2018

Cadeaux de Noël 2017



À l’approche des fêtes, Altamusica vous propose pendant la période de l'Avent une sélection de DVD-Blu-ray et de coffrets CD puisée dans les parutions particulièrement marquantes de l'année. Au total pour cette édition 2017, une douzaine d'objets discographiques et vidéographiques répartis sur le mois de décembre qui feraient de très beaux cadeaux de Noël pour vos proches.

Aujourd’hui, Intégrale Cluytens ERATO



Le 01/12/2017
Yannick MILLON
 

  • Uthal d'Étienne-Nicolas Méhul
  • Turandot à la Scala
  • Sélection La Dolce Volta
  • Fritz Busch à Glyndebourne
  • DVD Danse BelAir
  • Sibelius Berglund Helsinki
  • Documentaires Klemperer ARTHAUS
  • Karl Böhm ICON
  • Lulu à l'Opéra de Munich
  • Christian Ferras ICON
  • Intégrale Schumann Dana Ciocarlie
  • Intégrale Cluytens ERATO
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      (ex: Harnoncourt, Opéra)


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     Fritz Busch à Glyndebourne

    La renaissance de Mozart



    Fritz Busch in Glyndebourne
    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Le Nozze di Figaro (1934-1935)
    Willi Domgraf-Fassbaender (Figaro), Audrey Mildmay (Susanna), Roy Henderson (Il Conte), Aulikki Rautawaara (la Contessa), Luise Helletsgruber (Cherubino)

    Così fan tutte (1935)
    Ina Souez (Fiordiligi), Luise Helletsgruber (Dorabella), Heddle Nash (Ferrando), Willi Domgraf-Fassbaender (Guglielmo), John Brownlee (Don Alfonso), Irene Eisinger (Despina)

    Don Giovanni (1936)
    John Brownlee (Don Giovanni), Ina Souez (Donna Anna), Luise Helletsgruber (Donna Elvira), Salvatore Baccaloni (Leporello), Koloman von Pataky (Don Ottavio), Audrey Mildmay (Zerlina), Roy Henderson (Masetto), David Franklin (Commendatore)

    Così fan tutte (extraits et répétitions) (1950)
    Sena Jurinac (Fiordiligi), Blanche Thebom (Dorabella), Richard Lewis (Ferrando), Erich Kunz (Guglielmo), Mario Borriello (Don Alfonso)

    Idomeneo (extraits) (1951)
    Richard Lewis (Idomeneo), Alexander Young (Idamante), Sena Jurinac (Ilia), Dorothy McNeil (Elettra)

    Glynderbourne Festival Orchestra and Chorus
    direction : Fritz Busch
    Enregistrements : Glyndebourne, 1934-1951
    9 CD Warner Classics 0190295801748




    1933. Les Nazis arrivés au pouvoir chassent le chef d’orchestre Fritz Busch, 43 ans, qui ne mâche pas ses mots à leur égard, de la direction du Semperoper de Dresde, où avec son compatriote, le metteur en scène Carl Ebert, il avait remis au goût du jour Verdi en Allemagne. Après un début d’exil en Argentine, il se fixe au Danemark, avant de rencontrer par l’entremise de son frère, le violoniste Adolf Busch, le richissime John Christie, propriétaire dans le Sussex d’un vaste manoir doté d’un théâtre où il aimerait faire se produire sa soprano d’épouse. Busch, qui se laisse tenter quand il apprend qu’Ebert est de la partie, suggère une manifestation Mozart plutôt que l’idée initiale saugrenue d’un Bayreuth anglais.

    Le projet fou est lancé en 1934 avec les Noces de Figaro et Così fan tutte, augmentés de Don Giovanni, de l’Enlèvement au sérail et de la Flûte enchantée les années suivantes. Enthousiaste face au succès de l’entreprise, une Mozart Opera Society anglaise lance une souscription pour graver dans le sillon du 78 tours, en marge des représentations, les trois Da Ponte, premiers enregistrements complets au disque, dans la langue d’origine, à une époque où à l’exception de Don Giovanni, on ne donnait pratiquement plus les ouvrages italiens de Mozart, à part à Salzbourg où il faudra toutefois attendre Bruno Walter pour que la langue locale soit abandonnée.

    De cette formidable aventure dans la campagne anglaise, acte de naissance de l’un des festivals d’été les plus cotés aujourd’hui encore, demeurent ces témoignages sonores gravés sur deux étés (1934 et 1935, avec deux Bartolo différents) pour les Noces, en 1935 pour Così, et en 1936 pour Don Giovanni, avec des équipes assez semblables. Des gravures princeps qui, miraculeusement, n’ont jamais perdu depuis leur statut de références de l’histoire du disque.

    Une fraîcheur, une ambiance de troupe, un esprit à nul autre pareil irriguent ces trois gravures où Fritz Busch insuffle à Mozart une infinie jeunesse, une fluidité, une simplicité, un ton d’évidence qu’on ne lui retrouvera pas de si tôt, ainsi qu’un sens du théâtre qui n’a pas pris une ride en quatre-vingts ans, avec des tempi très enlevés et une tenue orchestrale de haut niveau pour l’époque.

    Cosmopolitisme militant

    Il réussit également à donner de la cohésion à une distribution internationale de quasi inconnus où se côtoient un Australien, une Canadienne, une Tchèque, un Allemand, une Autrichienne, un Hongrois, des Britanniques et une Américaine avec un art d’assortir les voix rarissime dans une manifestation naissante. Cette forme de cosmopolitisme avait bien entendu valeur de symbole face au rétrécissement national de l’Allemagne de Hitler.

    Des trois opéras, idéalement captés et remasterisés, dans un son clair, confortable, presque dénué de tout bruit parasite, ce sont peut-être les Noces qui marquent le moins, par l’exclusion des récitatifs qui n’aide pas à la continuité dramatique, par un esprit de comédie presque univoque en ces temps de redécouverte, et où l’épouse de John Christie, Audrey Mildmay, voix en tête d’épingle typique de son temps, très adaptée à Zerlina, manque d’ambiguïté dans les pépiements d’une Susanna très soubrette.

    Rien d’indigne bien entendu, n’était la comparaison avec un Don Giovanni d’un feu continu, d’une énergie de course à l’abîme merveilleusement entretenue, tout comme les jeux psychologiques dangereux d’un Così qui tient en haleine pendant deux heures trente sans chute de tension. Deux gravures majeures où les récitatifs, accompagnés par le chef au piano, sont de la même intensité, signe évident de la proximité des représentations scéniques.

    Les distributions ont la vertu cardinale de l’homogénéité. On a revu depuis la typologie vocale idéale de certains emplois (le baryton Willi Domgraf-Fassbaender, très naturel en Guglielmo mais pas basse du tout en Figaro dont les aigus n’ont jamais été aussi faciles ; le tout jeune Italo Tajo, qui venait de fêter son vingtième anniversaire, en Bartolo un peu bas mais d’un sillabato hallucinant) et certaines individualités ne marqueront pas l’histoire des rôles (Roy Henderson plutôt pâle en Comte Almaviva, impeccable en Masetto guère plus basse que ne l’était Figaro) mais l’ensemble possède une tenue très enviable.


     
    Le fabuleux duo Souez-Helletsgruber


    On se réjouira de la présence incendiaire de Luise Helletsgruber, dont l’émission et la couleur annoncent Schwarzkopf quinze ans plus tard, en Chérubin d’une tendresse adolescente inouïe, en Elvira dévorée d’amour, en Dorabella claire et conquérante, face à une Ina Souez somptueusissime en Fiordiligi, en Donna Anna dignes d’une Elisabeth de Valois verdienne, d’un port royal – l’étoffe du grave, le grain sombre du timbre – d’un rayonnement qui excusent une vocalisation moyenne.

    Sans oublier la Comtesse rêveuse d’Aulikki Rautawaara, le Leporello plus vrai que nature de Salvatore Baccaloni, le ténor nasillard et désuet de Heddle Nash, très stylé en Ferrando dont on a coupé les deux derniers airs, l’authentique parfum di grazia de Koloman von Pataky en Ottavio, ainsi que la Despina si drôle d’Irene Eisinger. Quant à John Brownlee, Don Alfonso sournois et fine mouche, il ne lui manque que le timbre exceptionnel d’un Pinza ou le côté bête de sexe d’un Siepi pour atteindre les sommets en Don Giovanni.

    Complément de choix de ces 7 CD d’exception, deux disques remplis d’extraits du Così de 1950 documentant l’immense Fiordiligi de Sena Jurinac, agrémentés de quelques plages de répétitions, ainsi que cinquante minutes d’Idoménée gravées quelques jours avant la mort de Fritz Busch, qui devait s’éteindre à Londres le 14 septembre 1951 à l’âge de 61 ans.

     
    Yannick MILLON


     

  • Uthal d'Étienne-Nicolas Méhul
  • Turandot à la Scala
  • Sélection La Dolce Volta
  • Fritz Busch à Glyndebourne
  • DVD Danse BelAir
  • Sibelius Berglund Helsinki
  • Documentaires Klemperer ARTHAUS
  • Karl Böhm ICON
  • Lulu à l'Opéra de Munich
  • Christian Ferras ICON
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