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SELECTION CD 26 septembre 2021

Sélection Noël 2020



En cette année maudite qui aura marqué au fer rouge autant les artistes que le reste de la société, nous avons plus que jamais besoin de musique pour illuminer des fêtes de fin d'année qui risquent d'être particulièrement moroses. Faute de concerts, offrir des disques et des DVD sera sans doute un excellent refuge en attendant des jours meilleurs.
Joyeux Noël !
Aujourd’hui, Sélection Universal Music



Le 11/12/2020
Yannick MILLON
 

  • SĂ©lection Palazzetto Bru Zane et La Dolce Volta
  • SĂ©lection BelAir Classiques
  • SĂ©lection DistrArt Musique
  • SĂ©lection Universal Music
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      (ex: Harnoncourt, Opéra)


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     SĂ©lection Universal Music

    Beethoven – William Steinberg





    Ludwig van Beethoven (1770-1827)
    The Symphonies
    Ella Lee (soprano), Joanna Simon (alto), Richard Kness (ténor), Thomas Paul (basse)
    The Mendelssohn Choir of Pittsburgh
    Pittsburgh Symphony Orchestra
    direction : William Steinberg
    Enregistrement : Soldiers & Sailors Memorial Hall, Pittsburgh, 1962-1966
    5 CD Deutsche Grammophon 483 8344


    Parmi les surprises de l’année Beethoven, on ne s’attendait pas à la première publication officielle en CD dans des conditions sonores optimales de l’intégrale des symphonies par William Steinberg et le Pittsburgh Symphony Orchestra, enregistrée au mitan des années 1960 au Soldiers & Sailors Memorial Hall de la cité de Pennsylvanie.

    Né à Cologne en 1899, Hans Wilhelm Steinberg, élève d’Abendroth puis assistant de Klemperer, menait une belle carrière dans son Allemagne natale à l’arrivée des nazis. D’origine juive, il réussit à émigrer en 1936 avec Bronislaw Huberman parti fonder l’Orchestre symphonique de Palestine (actuel Philharmonique d’Israël). Il y rencontra Toscanini, qui lui proposa de devenir son assistant à la NBC. Steinberg s’établit donc aux États-Unis, où il anglicisera son prénom et prendra la nationalité américaine en 1944.

    Nommé à Pittsburgh en 1952, il trouve un orchestre en parfait état, sortant des mains successives de rien moins que Klemperer et Fritz Reiner, et y reste jusqu’en 1976, deux ans avant sa mort. Il enregistre en abondance, d’abord pour Capitol et Everest, puis signe un contrat, à la faillite de ce dernier, avec Command Classics, qui récupérera le matériel d’enregistrement sur bandes de 35mm, révolutionnaire à l’époque, et mettra en boîte le cycle que nous tenons entre les mains, assez médiocrement édité en LP, réédité une seule en fois en CD dans de piètres conditions.

    La direction nerveuse et objective du chef allemand, point de convergence assez improbable entre le style de Toscanini et celui de Klemperer, qui partageaient toutefois la même vision anti-romantique de la direction d’orchestre, va comme un gant au cycle beethovénien, dont Steinberg exalte sens des proportions, fermeté d’articulation et discipline orchestrale dans les premières symphonies – les lignes sveltes de la Deuxième, le jeu de cordes très serré de l’Héroïque, ces violons vibrants, avec une pointe d’acidité.

    La Huitième est particulièrement réussie dans son humour souvent plein de tendresse, la Septième admirablement dressée, et même la délicate Pastorale se plie sans dommages à cette rigueur qui jamais ne corsète le temps musical, y compris dans son hymne de reconnaissance final, très naturel, loin du pré-Bruckner souvent entendu. Cordes et bois aigus sont le moteur de cette approche qui remise parfois trop à l’arrière-plan les cuivres et timbales.

    Revenu aux bandes d’origine – sauf le Finale de la Neuvième repiqué sur 33 tours, dont on évitera de comparer les forces vocales avec les grandes versions européennes, tout en écoutant avec circonspection les retouches par Mahler du texte original –, Deutsche Grammophon, qui a hérité via Universal Music de ce cycle vivifiant, lui offre une seconde vie inespérée, à ne pas confondre avec le demi-corpus enregistré par les mêmes interprètes une décennie plus tôt pour EMI. Une remarquable intégrale américaine pour qui aime déjà celles de Szell ou Toscanini.



     
    István Kertész à Vienne





    István Kertész in Vienna
    The Decca Recordings
    Enregistrements : Sofiensaal, Vienne, 1961-1973
    20 CD + 1 Blu-ray audio Decca 483 4710


    Longtemps éparpillé, le legs Decca du chef hongrois István Kertész, faute d’une vraie intégrale qui tarde à venir, est aujourd’hui disponible en quasi intégralité à condition d’acquérir trois coffrets distincts. D’abord celui de 12 CD intitulé The London Years, paru en 2014 et qui reprend les enregistrements bien connus consacrés à Kodály, Mozart, Respighi (Triptyque romain), Brahms (Sérénades) Bruckner (Symphonie n° 4), Bartók (Château de Barbe-bleue), ainsi que des concertos pour piano du XXe siècle avec Julius Katchen.

    L’éditeur n’ayant pas jugé bon d’y inclure le cycle Dvořák complet du chef, seules des bribes s’y trouvent (Requiem, Symphonie n° 7 et 8, ouvertures). On doit donc actuellement acheter à part le coffret Dvořák de 9 CD pour retrouver toutes les gravures du jeune chef consacré au compositeur tchèque. Depuis le retour dans les bacs de ces sessions d’outre-Manche, il manquait surtout un regroupement des gravures viennoises du maestro qui en avril 1973 se noya au large d’une plage d’Israël à l’âge de 43 ans.

    Le label bleu et rouge nous rend enfin ce chaînon manquant dans une boîte de 20 CD s’ouvrant par le haut, intitulée István Kertész in Vienna. Présentation soignée, pochettes LP d’époque, photos rares des sessions d’enregistrement à la Sofiensaal, présence du Philharmonique de Vienne si coloré des Trente Glorieuses, l’ensemble comporte plusieurs cycles : intégrale des symphonies et ouvertures de Schubert (1963-1971), parfait point d’équilibre entre nervosité et classicisme, des symphonies de Brahms (1964-1973) augmentée de Variations sur un thème de Haydn dont l’orchestre dut terminer les prises du Finale face à un podium vide un mois après la mort du chef.

    Mais aussi une anthologie Mozart (symphonies n° 25, 29, 33, 35, 36, 39, 40, Petite musique de nuit, et un Requiem bien terne) complétée par un album Mozart Opera Festival (avec le Wiener Haydn-Orchester) couplant ouvertures et extraits d’opéras avec la crème des chanteurs mozartiens viennois du tournant des années 1970 : Lucia Popp, Brigitte Fassbender, Werner Krenn, les mêmes qui venaient de faire briller au firmament le premier enregistrement complet (1967) de La Clémence de Titus. Et si l’on surprendra ici ou là certaines lenteurs dans les petites symphonies, cet ensemble mozartien a fière allure, tout comme le Don Pasquale de Donizetti intégral de 1964 avec Corena et Sciutti, qui demeure une merveille d’esprit.

    N’oublions pas non plus la trop souvent ignorée Symphonie n° 9 de Dvořák (1961) dans un éclairage plus Mitteleuropa et empoigné que celle, postérieure, de l’intégrale avec le London Symphony Orchestra, et saluons la présence d’un texte d’Andrew Stewart traduit en français, et pour les plus audiophiles, d’un Blu-ray audio reprenant tout le cycle Schubert sur une galette en 24-bit 96kHz.



     
    Coffret Wilhelm Kempff





    Wilhelm Kempff Edition
    Enregistrements : 1920-1980
    80 CD Deutsche Grammophon 483 9075


    De Wilhelm Kempff, on a toujours aimé la personnalité réservée, si peu mondaine, le mystère, jusqu’à cette volonté de reposer en terre dans un lieu quasi secret en pleine forêt franconienne, dans un petit cimetière abandonné aux tombes couvertes de lichens. Jusque dans la mort, celui qui était un véritable passeur d’âmes des compositeurs aura cultivé à l’envi l’introspection, au cours d’une existence exceptionnellement longue.

    Lorsqu’il disparaît le 23 mai 1991, Kempff, retiré de la scène depuis une décennie, approche les 96 ans. Il est vertigineux de penser que lors son premier enregistrement, en 1920, le pianiste allemand, né le 25 novembre 1895, avait déjà vécu un quart de siècle. Luthérien, fils de cantor, il a voué toute sa carrière au disque à défendre la lignée germanique du piano : Beethoven et Schubert avant tout, mais aussi Bach, Schumann et Brahms ; beaucoup moins Mozart qu’on aurait pu l’imaginer.

    Tout sauf un pyrotechnicien du clavier, son jeu était la sobriété incarnée, face à un instrument dont il cherchait à faire oublier les marteaux, préférant la confession à la percussion. Profondément croyant, il vivait la musique comme un acte de foi. Pur produit de la culture protestante, il n’aimait pourtant rien tant que la lumière de la méditerranée, au point de s’installer dès la fin des années 1950 en Italie, à Positano sur la côte amalfitaine.

    Anticipant légèrement le trentième anniversaire de sa disparition, Deutsche Grammophon, sa maison de disque quasi exclusive, propose une Kempff Edition (80 CD) espérée de longue date. Il ne faut toutefois pas attendre de cette belle boîte rectangulaire toute brillante une intégrale en bonne et due forme, à la manière de celles dont Sony s’est fait une spécialité pour ses artistes phares, mais plutôt une très large anthologie, avec classement par domaine en code couleur et sans les visuels LP d’origine.

    Le livret, outre quelques photos, propose un texte en allemand et anglais seulement, et un index bien utile au vu du nombre de remakes réalisés sur soixante ans de présence au disque (1920-1980). Les concertos occupent 14 CD : deux cycles Beethoven complets avec Paul van Kempen (mono, 1953) et Ferdinand Leitner (stéréo, 1961), un troisième époque 78 tours (1925-1941, sans le n° 2), Brahms 1 avec Konwitschny, Schumann avec Kubelik, mais aussi avec Krips à Londres, emprunté à Decca tout comme les Liszt avec Anatole Fistoulari. Ainsi que neuf Mozart – dont quatre avec Leitner et les fascinantes sessions crépusculaires de 1977 avec Bernhard Klee (n° 21 et 22), reniées par leur producteur.

    14 disques à nouveau pour la musique de chambre : sonates pour violon de Beethoven par deux fois (Wolfgang Schneiderhan, 1952 ; Yehudi Menuhin, 1970), les premières bien meilleures que les secondes, sonates pour violoncelle avec Pierre Fournier et trios avec Henryk Szeryng et le violoncelliste français. Sans oublier quatre Lieder de Kempff compositeur chantés par Fischer-Dieskau, seule incursion du genre.

    Le répertoire soliste se taille la part du lion (46 CD), avec l’incontournable cycle Schubert et les deux intégrales beethovéniennes (1951, mono ; 1964-1965 stéréo), tempi un peu plus vifs et son plus feutré dans la première, contemplation radieuse dans la seconde ; mais aussi quelques gravures isolées intermédiaires. Même sentiment entre sessions mono et stéréo dans des Schumann d’une poésie qui manquera peut-être un peu de folie, Eusébius plus que Florestan – mais écoutez les créatures qui claudiquent à la main gauche des Kreisleriana de 1956 (CD 73 plage 8) !

    Trois disques Brahms (avec mélange mono stéréo pour les op. 76) dont les indispensables cahiers de pièces tardives (op. 116 à 119), murmurées du bout des doigts en 1963, un Liszt (Légendes, extraits des Années de Pèlerinage) et un seul Mozart (deux sonates, deux fantaisies et puis s’en va…), le coffret est aussi l’occasion de réentendre Kempff dans Bach (Goldberg dépouillées, extraits testamentaires du Clavier bien tempéré (1980) et belles transcriptions de chorals) et les allées moins fréquentées de son répertoire : deux CD Chopin gravés à Londres pour Decca, assez atypiques.

    Enfin, outre quelques plages où le pianiste se raconte, le label jaune, en bonus de fin de coffret, a pris sous licence tel quel les 6 CD APR sortis en 2016-2017 des toutes premières gravures Beethoven (1920-1943, dont 24 des 32 sonates), dans la restauration de Mark Obert-Thorn qui rend ces acétates plus audibles qu’autrefois sans jamais approcher le confort sonore des enregistrements britanniques de Schnabel.

    Au final, un cadeau à destination de ceux qui veulent se constituer un solide fond de catalogue plutôt qu’aux collectionneurs, qui ne manqueront pas de lister les enregistrements manquants – au hasard les Schubert et Liszt Decca ; quelques Schumann mono (Arabesque, Papillons) et surtout les Brahms (Ballades, Rhapsodies op. 79, toutes les Pièces op. 116 à 119) – et déploreront l’absence de nouvelle remasterisation et le sentiment que l’éditeur a réemboîté ses coffrets thématiques préexistants. Joyeux Noël !

     
    Yannick MILLON


     

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